Appels à la «désescalade» au Liban au Conseil de sécurité de l'ONU
Un soldat libanais surveille le mur frontalier avec Israël, avec en arrière-plan un poste récemment installé par l’armée israélienne, dans une zone frontalière où l’armée israélienne ne s’est pas retirée, sur la route reliant les villages libanais du sud d’Adaisseh et Kfar Kila, le 18 février 2025. ©Mahmoud Zayat / AFP

Une vingtaine d'États soutenant la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban, ainsi que la sous-secrétaire générale des Nations Unies Rosemary DiCarlo, ont appelé mercredi à une «désescalade» entre le Hezbollah et Israël dans ce pays, en ouverture d'un Conseil de sécurité consacré au conflit.

«Une désescalade immédiate et une cessation de la violence sont impératives», a exhorté Rosemary DiCarlo lors de cette réunion à l'initiative de la France, soutenue par plusieurs pays.

Elle a enjoint le Hezbollah à «cesser ses attaques contre Israël» ainsi qu'à «coopérer» avec le gouvernement libanais, et Israël à «mettre fin à sa campagne militaire au Liban et retirer ses forces du territoire libanais».

«La communauté internationale doit renforcer son soutien aux services de sécurité de l'État libanais, en particulier aux Forces armées libanaises», a ajouté Mme DiCarlo.

Auparavant la France, l'Arménie, l'Autriche, Bahreïn, le Cambodge, la Croatie, Chypre, le Danemark, l'Esto”nie, la Finlande, l'Allemagne, la Grèce, l'Inde, l'Irlande, l'Italie, Malte, le Népal, la Macédoine du Nord, Panama, la Pologne, le Portugal, la Corée du Sud, l'Espagne et l'Uruguay avaient fait part de leur "profonde inquiétude" face à "l'escalade des hostilités" dans ce pays.

En leur nom, l'ambassadeur de France à l'ONU Jérôme Bonnafont a exhorté Israël «à s'abstenir de toute attaque contre les infrastructures civiles et les zones densément peuplées et à respecter la souveraineté libanaise et son intégrité territoriale».

Ces États condamnent également «la décision irresponsable du Hezbollah de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël (...) entraînant le Liban dans une guerre que ni ses autorités ni sa population ne souhaitent».

«Nous sommes prêts à renforcer notre soutien à la souveraineté de l'État libanais et à ses forces armées», poursuit leur texte.

Protéger les civils

Lors de ce Conseil de sécurité, le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, a demandé aux États engagés dans le conflit au Moyen-Orient de protéger les civils et les infrastructures civiles «dans toute la région», ainsi qu'à la communauté internationale de «financer généreusement» la réponse humanitaire.

Il a aussi appelé au retour à «une diplomatie stratégique, calme, rationnelle et porteuse d'espoir».

«Chaque fois que vous entendez les puissants attaquer l'ONU, demandez-vous ce qu'ils ont gagné en nous affaiblissant», a poursuivi M. Fletcher, dans un contexte de critiques répétées du président américain Donald Trump à l'encontre des Nations unies.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a lui rappelé aux parties leur «responsabilité claire et sans équivoque de garantir la sûreté et la sécurité des Casques bleus», après une attaque ayant blessé vendredi trois membres ghanéens de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul).

Avant cette réunion, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU Danny Danon a répété que, «tant qu'il y aura une menace contre nous, nous continuerons d'agir». «Il n'y a que deux options ici: soit l'État libanais agit pour démanteler l'appareil militaire du Hezbollah dans le sud du Liban, soit Israël le fera», a-t-il insisté.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire