Guterres à Beyrouth: solidarité avec le peuple libanais, Aoun réitère son appel à négocier
Le chef de l'ONU Antonio Guterres à Beyrouth pour soutenir le Liban, plongé dans la guerre depuis le 2 mars. ©Présidence libanaise

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a annoncé vendredi être arrivé à Beyrouth pour une «visite de solidarité» au Liban, où la guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, selon un dernier bilan officiel.

«Je viens d'atterrir à Beyrouth pour une visite de solidarité avec le peuple libanais. Ils n'ont pas choisi cette guerre. Ils y ont été entraînés de force. L'ONU et moi-même ne ménagerons aucun effort pour œuvrer à l'avenir pacifique que le Liban et cette région méritent amplement», a déclaré M. Guterres sur X.

Il a débuté sa tournée au palais présidentiel de Baabda. Lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’ONU, le président Joseph Aoun a appelé à «mettre fin aux agressions israéliennes et à parvenir à un cessez-le-feu afin d’examiner les étapes suivantes conformément à l’initiative que j’ai lancée». Il a également insisté sur la nécessité de «s’occuper de la situation des déplacés, dont le nombre approche les 800.000 personnes», tout en saluant «le soutien constant des Nations unies au Liban».

Le chef de l’État a en outre averti que «la poursuite des attaques israéliennes affectera la stabilité de toute la région», affirmant: «J’ai exprimé ma disposition à négocier, mais nous n’avons reçu jusqu’à présent aucune réponse de l’autre partie», avant d’ajouter que le Liban «compte sur le soutien de la communauté internationale en cette période délicate».

De son côté, M. Guterres a déclaré depuis Baabda être «pleinement solidaire du peuple libanais», appelant «avec force le Hezbollah et Israël à cesser le feu et à mettre fin à la guerre». Il a souligné que cela devait «ouvrir la voie à une solution permettant au Liban d’être un pays indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble de son territoire, où l’autorité de l’État détient le droit exclusif d’assurer la sécurité». «Le temps n’est plus aux groupes armés, c’est le temps d’un État fort», a-t-il conclu.

Appel humanitaire de 325 millions de dollars

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre, Nawaf Salam, plus tard dans la journée de vendredi, Guterres a rappelé l’importance de parvenir à un cessez-le-feu avec l’accord des deux parties.  Il a annoncé le lancement d’un appel humanitaire d’urgence de 325 millions de dollars pour répondre aux besoins essentiels de la population, notamment en alimentation, eau potable, services de santé et éducation.

Salam a souligné que le Liban n’est pas une zone de combat, que le désarmement des groupes armés doit rester sous l’autorité exclusive de l’État, et que l’armée libanaise a déjà démantelé plus de 500 dépôts d’armes au sud du Litani. Il a appelé la communauté internationale à apporter une assistance immédiate et un soutien diplomatique au pays.

Selon le dernier rapport quotidien du ministère de la Santé publique, le bilan humain du conflit est lourd : 773 morts, dont 103 enfants, et 1 933 blessés, dont 326 enfants.

Dans ce contexte, Guterres a exprimé son espoir que lors de sa prochaine visite, le Liban puisse être un pays en paix, où l’État détient le monopole de la force et l’intégrité territoriale est pleinement respectée, ouvrant la voie à un avenir pacifique pour le pays et la région.

 

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