Vols au Liban et au Moyen-Orient: le ciel bouleversé par la guerre
©Al-Markazia

L’escalade du conflit au Moyen-Orient secoue profondément le trafic aérien régional et international. Par précaution, plusieurs pays du Golfe et du monde arabe ont fermé partiellement, voire totalement, leur espace aérien, provoquant l’annulation ou la déviation de milliers de vols. Même certains grands hubs mondiaux ont dû adapter leurs opérations, à l’image de l’aéroport de Heathrow à Londres.

Résultat: des dizaines de milliers de passagers se retrouvent bloqués dans les aéroports, tandis que les compagnies aériennes redessinent en urgence leurs itinéraires afin d’éviter les zones de tension. La perturbation frappe de plein fouet les déplacements touristiques et les voyages d’affaires. Les halls de transit se remplissent, les temps d’attente s’allongent et les capacités hôtelières autour des grands aéroports sont mises sous forte pression.

Liban: la mer comme ultime porte de sortie

Au Liban, l’aéroport international de Beyrouth reste ouvert. Cependant, des centaines de vols sont annulés ou reportés, laissant de nombreux passagers sans solution. Seul le transporteur national, Middle East Airlines (MEA), continue d’assurer des liaisons régulières au départ et à destination de Beyrouth, une situation qui réduit drastiquement la capacité en sièges disponibles pour les voyageurs.

Face à ces contraintes, deux options principales émergent pour ceux qui souhaitent quitter le pays. La première consiste à rejoindre la Syrie par voie terrestre — une solution qui nécessite un visa ou un permis de séjour. La seconde, plus inattendue, passe par la mer: rejoindre Chypre à bord de bateaux privés, l’île représentant la porte d’entrée européenne la plus proche.

Cette alternative reste toutefois coûteuse et logistiquement complexe. Pour certains, elle pourrait néanmoins représenter la seule issue.

Interrogée par Ici Beyrouth, une source proche du port de Jounieh confirme qu’aucune liaison maritime régulière par ferry n’existe actuellement entre Jounieh et Chypre. Un projet de ligne maritime, initialement envisagé pour 2025 piloté par le groupe Indevco, pourrait toutefois être relancé dès le mois de mai prochain.

Dans l’immédiat, la demande pour des traversées privées explose. Un agent maritime spécialisé dans la location de yachts de luxe affirme recevoir «une dizaine d’appels par jour» depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël. L’absence de demandes pour des sorties de plaisance libère actuellement des bateaux pouvant accueillir de quatre à quarante passagers. Le prix de la traversée oscille entre 1.000 et 1.500 dollars par personne.

Émirats: contourner la crise via Oman ou l’Arabie saoudite

Aux Émirats arabes unis, la réduction des vols pousse de nombreux passagers à privilégier les routes terrestres. Des taxis privés et des chauffeurs indépendants proposent désormais des trajets vers Oman ou l’Arabie saoudite afin de rejoindre des aéroports encore opérationnels.

Le passage le plus fréquent s’effectue par le poste-frontière de Hatta–Al Wajajah, situé à environ une heure de Dubaï. Les formalités peuvent toutefois durer de deux à cinq heures et nécessitent un visa omanais, ainsi que des frais d’entrée compris entre 100 et 200 dirhams.

Certains voyageurs optent même pour un trajet bien plus long vers l’Arabie saoudite: un périple de 14 à 20 heures à travers le désert pour atteindre un hub aérien international.

Qatar: la route terrestre vers l’Arabie saoudite

Au Qatar, la suspension de plusieurs liaisons depuis l’aéroport international Hamad de Doha pousse certains voyageurs à chercher des alternatives terrestres.

Une solution consiste à franchir le poste-frontière d’Abou Samra pour entrer en Arabie saoudite, puis rejoindre des hubs aériens régionaux tels que l’aéroport international King Khalid à Riyad ou l’aéroport international King Abdulaziz à Djeddah.

Le trajet entre Doha et la frontière dure environ 40 minutes à une heure. Mais les contrôles frontaliers peuvent prolonger l’attente de deux à cinq heures selon l’affluence. Les voyageurs doivent être munis d’un passeport valide, d’un visa saoudien et d’une assurance. Le coût du visa varie généralement entre 290 et 522 riyals qataris (environ 140 dollars), auxquels s’ajoutent les frais de transport et d’assurance.

Irak: cap sur la Turquie et la Jordanie

En Irak, la fermeture de l’espace aérien a fortement perturbé le trafic régional. Selon plusieurs plateformes de suivi aérien, plus de 3.500 vols ont été affectés.

Faute de solution aérienne, de nombreux passagers se tournent désormais vers des itinéraires terrestres pour rejoindre les aéroports de pays voisins, notamment en Turquie et en Jordanie.

Depuis Bagdad, le voyage peut durer entre 10 et 20 heures, selon la destination, l’état des routes et les délais d’attente aux frontières. Le coût du transport varie généralement entre 200 et 500 dollars, auxquels s’ajoutent les formalités de visa.

Commentaires
  • Aucun commentaire