Ici Beyrouth a pu interroger quelques Libanais en France, inquiets de la situation au pays du Cèdre, plongé depuis près de deux semaines dans la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Depuis près de deux semaines, le Liban est (de nouveau) plongé dans l’enfer de la guerre. Une guerre qu’il n’a pas voulue ni déclarée, mais déclenchée par l’attaque de roquettes du Hezbollah le 2 mars dernier contre Israël en réponse à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei par une frappe américano-israélienne. Depuis, l’État hébreu frappe quotidiennement le sud et l’est du Liban ainsi que la banlieue sud et plusieurs autres quartiers de Beyrouth.
Le nombre de victimes causées par les frappes israéliennes au pays du Cèdre est considérable. Selon le dernier bilan officiel libanais, la guerre a fait, depuis le 2 mars, plus de 773 morts, dont 103 enfants, et plus de 800 000 déplacées.
Devant cette situation les Libanais de France sont inquiets. Beaucoup ont de la famille et/ou des amis sur place, et se demandent quand ce conflit s’achèvera enfin. Contactée par Ici Beyrouth, Myrna indique que ce qui domine, c’est un mélange de tristesse, de stress et de peur. «Tristesse pour mon pays qui s’enlise dans une nouvelle guerre, puis le stress et la peur pour mes proches (qui ne sont) pas si loin des bombardements». Leyla évoque de son côté un «mix de colère, de tristesse, de rage, d'angoisse mais de culpabilité aussi, de poursuivre une vie normale en France, alors que ma famille et mes compatriotes vivent en enfer».
«On a plutôt l’impression que la famille et les amis sont davantage dans l’attente plutôt que dans l’action, qu’ils subissent tout ce qui se passe, regardent, observent, ils sont inquiets et attendent…», indique de son côté Aline, de retour il y a quelques jours du Liban avant le début des hostilités.
« Je m’attends au pire »
En contact quotidien avec ses proches sur place, Myrna explique qu’ils «relativisent et vivent au jour le jour tant qu’ils se sentent (encore) en sécurité», et ajoute que ses neveux «font le lycée à la maison et mes petites cousines sont toutes devenues bénévoles faute de fac ouvertes». Leyla, elle, indique que sa famille veut rassurer autant que possible, notamment ses parents «qui ont vécu tellement de choses depuis les années 1980... mais c’est sûrement aussi pour ne pas nous inquiéter».
Quant à la durée de la guerre au Liban, Myrna joue l’optimisme. «Je me rassure en me disant qu’elle ne pourra pas durer trop longtemps…mais en fait qui sait? Personne», indique-t-elle, ajoutant que la guerre «peut s’arrêter si leurs objectifs sont atteints (quasi impossible) mais elle peut continuer car la communauté internationale n’a plus aucun rôle dans le Moyen-Orient pour faire pression». «Je suis de nature optimiste mais là pas du tout, je m'attends au pire», ajoute de son côté Leyla.
Aline, elle, craint que le Liban et les Libanais ne subissent notamment des répercussions économiques de cette guerre. Elle a dit avoir le sentiment que «pendant et après cette guerre, qui va peut-être durer un petit moment, les Libanais vont subir une crise économique assez forte. Donc on attend, comme on l’a déjà fait avant. On les a soutenus (les Libanais) lors de la première crise après l’explosion du port (le 4 août 2020, NDLR) et on va continuer à les aider après».
Elle dit également avoir «confiance dans la bonne volonté de la France et du président Macron, de l’Europe en général, et malgré la folie de Donald Trump, je ne pense pas qu’il acceptera un mauvais sort pour le Liban. Je pense que tous ces responsables politiques finiront, en fin de compte, par jouer positivement sur le destin du Liban».




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