Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé samedi que «des voies diplomatiques étaient possibles» pour arrêter la guerre entre Israël et le mouvement pro-Iran Hezbollah au Liban.
Les frappes israéliennes au Liban ont fait au moins 826 morts, dont 106 enfants, et plus de 800.000 déplacés depuis début mars, selon le dernier bilan officiel samedi.
«Il n'y a pas de solution militaire, seulement la diplomatie, le dialogue», a plaidé M. Guterres lors d'une conférence de presse à Beyrouth, affirmant mettre «tout en œuvre pour obtenir une désescalade immédiate et la cessation des hostilités».
Il a appelé la communauté internationale à renforcer son «engagement» envers le Liban: «soutenez l'État libanais et les forces armées libanaises pour leur assurer les capacités et les ressources nécessaires» a-t-il lancé à son adresse.
Le président français, Emmanuel Macron, a de son côté appelé Israël à accepter des «discussions directes» avec l'exécutif libanais et «toutes les composantes» du Liban, assurant que «tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Son chef Naïm Qassem a averti vendredi que le groupe était prêt à «une longue confrontation» avec Israël, parlant de «bataille existentielle», alors que l'armée israélienne poursuit ses frappes sur le Liban.
Ambulances visées
Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 17 médecins, secouristes et infirmiers ont été tués samedi à Burj Qalawiya, dans le sud du pays, après une frappe sur Sawaneh qui a tué deux ambulanciers affiliés au Hezbollah pro-iranien et à son allié Amal.
Au total, 31 personnels médicaux ont été tués en 13 jours de guerre, selon les autorités, qui accusent Israël de «cibler» de façon répétée les ambulanciers en intervention.
L'armée israélienne, selon laquelle le Hezbollah utilise des ambulances et des infrastructures médicales «à des fins militaires», a dit avoir frappé des membres du groupe «qui acheminaient des roquettes vers un dépôt d'armes» près de Burj Qalawiya.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) la frappe sur cette localité a touché un établissement du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, ce que ce dernier n'a pas confirmé.
D'autres bombardements israéliens ont eu lieu dans le pays, dont l'une a fait un mort et quatre blessés dans un immeuble résidentiel d'une banlieue au nord de Beyrouth, déjà visée la veille, ont rapporté samedi les médias libanais.
Un correspondant de l'AFP a vu des secouristes et constaté des dégâts dans la zone Nabaa-Bourj Hammoud, qui se situe en dehors des bastions du Hezbollah de la banlieue sud de la capitale.
Levon Ghazalian, 42 ans, qui habite dans un bâtiment voisin, souligne que «c'est la première fois que cela arrive» dans ce secteur, épargné lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah en 2024.
«Tous les voisins ont peur», dit-il à l'AFP dans ce quartier densément peuplé, connu pour son importante communauté arménienne.
«Il n'y a plus de sécurité (...) On ne sait jamais d'où viendra la prochaine frappe», se désole Hanadi Hachem, 50 ans, en pyjama, qui dit dormir avec d'autres proches dans leur voiture, par crainte des tirs.
Une frappe a également touché un appartement des environs de la ville côtière méridionale de Saïda, dans le secteur de Haret Saïda, provoquant un incendie, a constaté un correspondant de l'AFP.
«Attaques inacceptables»
M. Guterres, arrivé la veille au Liban, a rencontré samedi le chef d'état-major de l'armée, Rodolphe Haykal, pour discuter du cessez-le-feu conclu fin 2024 entre Israël et le Hezbollah, de la mise en œuvre par l'armée de son plan de désarmement du Hezbollah et du maintien de la force onusienne.
«Les attaques contre les Casques bleus et leurs positions sont totalement inacceptables et doivent cesser», a affirmé M. Guterres
Vendredi, des tirs israéliens ont touché un quartier général des casques bleus dans le sud du pays, selon l'Ani. La porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a annoncé l'ouverture d'une enquête.
La semaine dernière, trois Casques bleus ghanéens avaient été blessés par des tirs, selon la Finul, présente dans le sud du Liban depuis 1978.
AFP



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