Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales au 21ᵉ jour
Une vue générale montre des citernes dans le dépôt d’un site pétrolier, à Rome le 19 mars 2026. ©ANDREAS SOLARO / AFP

Voici les dernières évolutions économiques mondiales vendredi vers 01H00 GMT, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son 21ᵉ jour:

Frappes au Qatar, regain de nervosité sur les marchés énergétiques

L'attaque par l'Iran du plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) du monde, situé au Qatar, ainsi que de nouvelles raffineries au Moyen-Orient, a secoué les marchés du gaz et du pétrole jeudi, et accru encore les craintes que les perturbations se prolongent longtemps après la guerre.

L'annonce de ces frappes a propulsé de 35% en début de séance le cours du TTF néerlandais, référence européenne du gaz, à des niveaux jamais vus depuis janvier 2023, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022.

L'envolée, jusqu'à plus de 68 dollars, s'est calmée en fin de journée, et le mégawattheure de gaz s'est tout de même renchéri de plus de 10%, dépassant les 60 euros.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Jeudi soir, les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont appelé à un «moratoire» sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et liées à l'eau.

Les prix du pétrole modèrent leur hausse

Le baril de Brent, référence internationale, a bondi jeudi jusqu'à près de 120 dollars, avant de largement modérer sa course. Vers 01H00 GMT, il évoluait autour de 107 dollars, loin des quelque 70 dollars affichés avant le déclenchement de la guerre.

Son équivalent américain, le baril de WTI, lui aussi sous les 70 dollars avant les premières frappes fin février, évoluait autour de 95 dollars à 01H00 GMT, après avoir brièvement dépassé en séance le seuil symbolique des 100 dollars.

Ormuz: l'agence maritime de l'ONU réclame un corridor

L'Organisation maritime internationale (OMI) a réclamé jeudi la création d'un couloir maritime pour évacuer les navires bloqués dans le Golfe, dans une déclaration adoptée par ses États membres.

L'organisation estime que 20.000 marins patientent aujourd'hui à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz bloqué par l'Iran.

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dit «prêts à contribuer» aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, 3 d'entre eux précisant que cela ne pourrait se faire qu'après que les armes se sont tues.

Les États-Unis pourraient lever les sanctions sur le pétrole iranien

Les États-Unis envisagent d'alléger certaines sanctions ciblant le pétrole iranien pour tenter de contenir la flambée des prix.

Une telle détente ressemblerait à celle annoncée la semaine dernière sur le pétrole russe jusqu'à début avril, a expliqué une source proche du dossier à l'AFP.

«Chaque dollar pour le pétrole iranien stabilise un régime qui est fondamentalement en contradiction avec nos valeurs», a critiqué la ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche auprès du journal Bild.

En nombre de barils, l'assouplissement envisagé représente moins de deux jours de la consommation mondiale.

Les Bourses dans le rouge

Après les Bourses européennes en forte baisse, la Bourse de New York a aussi terminé en baisse jeudi, bien que plus modérément, gagnée à son tour par les craintes de poussée inflationniste vu le bond des prix de l'énergie.

Le Dow Jones a perdu 0,44% tandis que les indices Nasdaq et S&P 500 ont tous deux reculé de 0,28%.

La Bourse de Paris a cédé 2,03%, Francfort a lâché 2,82% et Londres 2,35%, Milan a perdu 2,32%.

La BCE sonne l'alerte mais maintient ses taux

La Banque centrale européenne (BCE) a averti jeudi que la flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient risquait d'alimenter sur la durée l'inflation et de peser sur la croissance en zone euro, tout en maintenant ses taux inchangés.

Si la BCE a comme prévu maintenu inchangé son principal taux directeur d'emprunt à 2%, elle révise à la hausse sa prévision d'inflation (+2,6%, contre 1,9%) et à la baisse sa prévision de croissance (+0,9%).

Le FMI et l'OMC s'inquiètent de la flambée des prix de l'énergie

L'inflation peut nettement s'aggraver en cas de poussée durable des prix de l'énergie, a souligné jeudi le Fonds monétaire international (FMI).

«Si les prix du pétrole devaient rester élevés pendant une année, nous pourrions alors constater des répercussions importantes» sur l'inflation, a déclaré la directrice de la communication du Fonds, Julie Kozack, lors d'une conférence de presse.

L'OMC s'attend, de son côté, à un fort ralentissement du commerce mondial de marchandises cette année, avec un accroissement limité à 1,4% si les prix de l'énergie continuent de flamber, contre 4,6% en 2025.

Washington annonce plus de 16 milliards de dollars de ventes d'armes à des pays du Golfe

Washington a annoncé jeudi avoir approuvé des ventes d'armes pour un montant de plus de seize milliards de dollars aux Émirats arabes unis et au Koweït, deux pays du Golfe touchés par les répercussions de la guerre.

AFP 

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