D’après une enquête de Reuters, les Gardiens de la Révolution iraniens (IRGC) ont encadré la restructuration militaire du Hezbollah après les lourds dommages subis par la milice lors du conflit de 2024 avec Israël. Des officiers iraniens auraient été dépêchés pour combler les failles, réorganiser la chaîne de commandement et préparer le Hezbollah à la guerre qu’il mène aujourd’hui aux côtés de Téhéran.
Selon l’enquête de Reuters, le Hezbollah considérait dès mars qu’un nouveau conflit était inévitable et avait passé plusieurs mois à se préparer. L’article publié samedi met en lumière le rôle joué par les Gardiens de la Révolution iraniens (IRGC) dans ces préparatifs, sur la base de témoignages de six sources anonymes et d’un expert sur le Hezbollah.
Ceux-ci ont expliqué que l’IRGC avait transformé la structure hiérarchique traditionnelle du groupe en un modèle décentralisé, composé de petites unités avec peu de visibilité sur les activités des autres. Cette organisation vise à préserver le secret opérationnel et s’inspire des cellules restreintes que le Hezbollah employait dans les années 1980.
Les officiers iraniens ont également élaboré des plans de lancements simultanés de missiles depuis l’Iran et le Liban, scénario qui a été mis en œuvre pour la première fois le 11 mars. Selon un responsable libanais de la sécurité, cité dans le rapport de Reuters, les commandants iraniens ont aidé le Hezbollah à réhabiliter et organiser ses cadres militaires, tout en laissant la conduite des opérations sur le terrain aux chefs locaux.
Les officiers de l’IRGC, profondément impliqués dans le Hezbollah depuis sa création, ont été envoyés pour reformer les combattants, superviser le réarmement et réorganiser la chaîne de commandement, qui avait été compromise par le renseignement israélien, facilitant la mort de nombreux dirigeants du groupe, ont précisé deux sources familières avec ces opérations.
D’après une autre source, l’IRGC avait envoyé des officiers au Liban en 2024 pour réaliser un audit postconflit du Hezbollah et avait pris la supervision directe de son aile militaire. Deux autres sources ont indiqué que l’IRGC avait intégré l’an dernier des conseillers spéciaux auprès du Hezbollah pour l’aider à diriger ses affaires militaires.
Malgré ces préparatifs, le Hezbollah reste sous le feu israélien. Depuis le début du conflit le 2 mars, le groupe a lancé des centaines de missiles sur Israël, provoquant des offensives israéliennes qui ont fait plus de 1.000 morts au Liban. Un porte-parole militaire israélien a indiqué que le Hezbollah demeure une force dangereuse et active, malgré les dommages subis ces dernières années.
En parallèle, le Liban estime que 100 à 150 ressortissants iraniens présents sur son territoire ont des liens avec le gouvernement iranien dépassant les fonctions diplomatiques habituelles, y compris des liens avec l’IRGC, a déclaré un officiel libanais à Reuters. Le gouvernement a demandé à ces personnes de quitter le pays début mars. Parmi eux, les officiers des Gardiens faisaient partie de plus de 150 Iraniens partis de Beyrouth pour la Russie le 7 mars.
Les membres de l’IRGC figuraient parmi environ 500 personnes tuées par les frappes israéliennes au Liban au cours des 15 mois séparant le cessez-le-feu de 2024 du déclenchement de la nouvelle guerre. Une douzaine d’autres ont été tués depuis le début du conflit, notamment lors d’une frappe sur un hôtel à Beyrouth le 8 mars.
L’IRGC est impliqué dans le Hezbollah depuis sa création en 1982 pour exporter la Révolution islamique iranienne et combattre Israël. Le général Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en 2020, avait travaillé aux côtés de Hassan Nasrallah lors de la guerre de 2006 contre Israël. Nasrallah et un général iranien ont été tués lors des frappes israéliennes de 2024 à Beyrouth.



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