Les Bourses asiatiques commencent la semaine en fort repli lundi, les yeux braqués sur l'ultimatum lancé par le président américain Donald Trump à l'Iran pour la réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.
Marchés dans le rouge
Partout, les marchés sont «instables» et les séances «rythmées par les nouvelles liées aux États-Unis, à Israël et à l'Iran et aux fluctuations du marché pétrolier qui en découlent», ont commenté des analystes de Monex.
M. Trump a menacé de «frapper et anéantir» les centrales électriques iraniennes faute de réouverture d'ici lundi soir par l'Iran du détroit d'Ormuz.
Téhéran a de son côté menacé de boucler complètement ce passage stratégique si les menaces de Washington sont mises à exécution.
Il est déjà quasiment fermé depuis le début de la guerre qui entre lundi dans son 24e jour: le transit de marchandises s'y est effondré de 95%, selon la société d'analyse Kpler.
«Nous abordons une semaine qui pourrait s'avérer décisive pour les marchés», dont les conditions seront «définies» par cet ultimatum, estime Chris Weston de Pepperstone.
M. Trump a déjà montré «qu'il était prêt à mener des actions militaires lorsque ses exigences ne sont pas satisfaites, de sorte que les marchés accorderont du poids à son message».
Et «si l'on dépasse l'échéance, l'attention se portera rapidement sur l'ampleur de toute action contre l'Iran et sur la nature de la réponse iranienne, en particulier à l'égard des bases américaines et de leurs alliés», ajoute-t-il.
Après avoir lâché jusqu'à 5%, l'indice Nikkei de Tokyo a terminé en recul de 3,47% à 51.515,49 points.
À Séoul, le Kospi a sombré de 6,5%, dans un marché plombé par la dépendance de la Corée du Sud aux importations de pétrole et sa vulnérabilité aux variations des prix de l'énergie.
Le won sud-coréen a par ailleurs atteint lundi son plus bas niveau depuis 2009 face au dollar, tombant sous les 1.510 wons pour un dollar.
La baisse était plus modérée à Taipei (-2,5%) et à Sydney (-0,7%). Hong Kong reculait de 3,8% vers 06H30 GMT.
Inquiétudes renouvelées sur le pétrole
Tandis que les États-Unis et Israël ont fait savoir ce week-end que la guerre allait durer encore plusieurs semaines, les menaces de Donald Trump ont ravivé les inquiétudes du marché quant à la flambée du pétrole.
Le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) progressait de 1,66% à 99,86 dollars vers 06H30 GMT, après avoir dépassé les 100 dollars en début de séance.
De son côté, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 0,7% à 112,98 dollars.
Cette crise «affecte déjà durement les économies asiatiques et si elle se prolonge, entraînera probablement des pénuries d'énergie dans toute la région», commente Michael Wan de MUFG.
Les raffineurs asiatiques n'auront bientôt «d'autre choix que d'enchérir pour obtenir des barils du monde entier, y compris aux États-Unis (...) et tôt ou tard la flambée du prix des carburants et les pénuries se propageront sans aucun doute à l'échelle mondiale».
Les rendements obligataires grimpent, l'or chute
La crainte que la flambée des coûts de l'énergie n'incite les banques centrales à relever leurs taux faisait bondir les rendements obligataires en Australie, en Inde, au Japon et en Corée du Sud, comme aux États-Unis.
L'or poursuivait sa chute (-5,65%) à 4.238,61 dollars l'once vers 06H45 GMT, effaçant ses gains depuis le début de l'année.
Le yen reculait face à la devise américaine, à 159,58 yens pour un dollar.
Aversion au risque
Les valeurs subissaient l'aversion au risque sur les marchés, notamment dans le secteur des semi-conducteurs: à Séoul, Samsung Electronics a perdu 6,6% tandis qu'à Tokyo, Advantest s'est effondré de 5,2% et Tokyo Electron a lâché 2,6%.
Le japonais SoftBank a limité ses pertes (-1,4%), après son annonce samedi de la construction d'une gigantesque centrale électrique fonctionnant au gaz naturel dans l'État américain de l'Ohio, afin de fournir en énergie des centres de données pour l'intelligence artificielle (IA).
Cette centrale s'inscrit dans un vaste programme d'investissements japonais de 550 milliards de dollars aux États-Unis, que Tokyo a accepté en échange d'une réduction des droits de douane.
AFP



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