Le «modèle de Gaza», ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas, «ne doit pas être reproduit au Liban», a plaidé mercredi le secrétaire général de l'ONU, s'alarmant plus généralement d'une guerre «hors de contrôle» au Moyen-Orient.
«À travers la région et au-delà, les civils subissent un grave préjudice et vivent dans une profonde insécurité. J'en ai été témoin lors de ma récente visite au Liban», a déclaré Antonio Guterres à la presse.
«Le Hezbollah doit cesser de lancer des attaques contre Israël. Et Israël doit cesser ses opérations militaires et ses frappes contre le Liban, où les civils sont les plus touchés».
«Le modèle de Gaza ne doit pas être reproduit au Liban», a-t-il insisté.
Ces propos interviennent alors que le ministre israélien d'extrême droite chargé des Finances, Bezalel Smotrich, a menacé début mars la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah de subir la même dévastation qu'Israël a infligée à Gaza depuis le début de la guerre contre le Hamas palestinien.
Au-delà du Liban, où l'armée israélienne poursuit son offensive, Antonio Guterres s'est alarmé de la situation dans toute la région.
Fin février, juste après le début des attaques israélo-américaines contre l'Iran, qui a répliqué en frappant des cibles en Israël et dans les pays du Golfe, «j'avais prévenu que les combats risquaient de provoquer une réaction en chaîne que personne ne pourrait contrôler», a noté le secrétaire général.
«Après plus de trois semaines, la guerre est hors de contrôle».
«Ce conflit a dépassé les limites que même les dirigeants estimaient imaginables. Le monde fait face au risque d'une guerre plus large, une marée de souffrance humaine et un choc économique plus profond. C'est allé trop loin», a-t-il insisté.
«Mon message pour les États-Unis et Israël est qu'il est grand temps de mettre un terme à la guerre (...) Mon message pour l'Iran est qu'il est temps d'arrêter d'attaquer ses voisins qui ne sont pas partie au conflit».
Il a d'autre part annoncé la nomination du diplomate français Jean Arnault comme son «envoyé spécial pour mener les efforts de l'ONU concernant le conflit et ses conséquences» et «soutenir tous les efforts de médiation».
AFP



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