Réunion à Meerab sous le thème «Sauver le Liban»: appliquer les décisions de l’État
Réunis à Meerab de plusieurs figures souverainistes sous le thème « Sauver le Liban » ©Al-Markazia

Une réunion à forte portée politique s’est tenue samedi à Meerab, à l’initiative des Forces libanaises (FL),  et réunissant plusieurs figures souverainistes autour du thème «Sauver le Liban» et de la nécessité de réaffirmer l’autorité de l’État.

Le communiqué final de la rencontre dénonce l’action du Hezbollah qui, selon les participants, poursuit ses «aventures» au service de l’agenda de l’Iran, au détriment de l’État et du peuple libanais.

Le recours à la force armée par le parti est considéré comme une violation de la souveraineté nationale, et tout acteur «qui ouvre la porte de la guerre doit en assumer les conséquences.»

Les participants soulignent que les décisions de guerre et de paix doivent revenir exclusivement aux autorités libanaises, et que la reconstruction du pays n’incombe pas à l’État libanais mais à ceux qui ont provoqué le conflit.

Les participants insistent également sur la responsabilité de l’Iran et du Hezbollah dans la guerre actuelle, expliquant que le Liban est ciblé parce que sa capacité décisionnelle est prise en otage. Le communiqué condamne par ailleurs les attaques iraniennes ayant touché d’autres pays arabes et réaffirme la nécessité de protéger le territoire libanais contre toute ingérence étrangère.

Le communiqué exhorte le Premier ministre à documenter toutes les destructions et les coûts actuels pour réclamer des compensations à l’Iran, et, en cas d’échec, à engager des démarches judiciaires. Les participants demandent aussi la création d’une cour spéciale chargée de poursuivre les responsables ayant entraîné le pays dans la guerre.

La rencontre a réaffirmé sa solidarité avec les médias indépendants et souverainistes exposés aux pressions et menaces du Hezbollah, entre autres la MTV.

Les participants ont aussi souligné que toute hésitation ou inaction dans l’affirmation de l’autorité de l’État, ainsi que toute menace de guerre civile, constitue un chantage politique inacceptable.

Pour répondre aux critiques affirmant que l’État ne pourrait imposer sa souveraineté toute seule, le communiqué rappelle que le Liban peut, sur décision du Conseil des ministres, solliciter l’aide de forces internationales, conformément au paragraphe 12 de la résolution 1701 et au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, afin de protéger le pays contre toute violation de ses frontières.

Enfin, les participants ont réaffirmé leur attachement aux résolutions internationales 1559, 1680 et 1701, soulignant que le moment est venu d’instaurer une culture de responsabilité où l’État reprend pleinement la maîtrise de ses décisions, et où toute menace de guerre civile ou tentative de chantage politique est fermement rejetée.

Avant le début de la rencontre, Samir Geagea, chef des Forces libanaises, a souligné que cette initiative  «vise à éviter au Liban le pire». Il a rappelé que son camp politique met en garde depuis des décennies contre la situation actuelle : «Nous avons manifesté, revendiqué, été emprisonnés et perdu des martyrs, de Rafic Hariri à Lokman Slim, mais ils ont persisté à mener le pays là où il est aujourd’hui.»

Dans son discours, Geagea a également insisté sur la nécessité d’appliquer les décisions récentes de l’État libanais, adoptées entre août 2025 et mars 2026.

Rappelons qu’en mars 2026, le gouvernement libanais a pris la décision d’interdire les activités militaires du Hezbollah. En août 2025, il avait voté en faveur du rétablissement du monopole de l’État sur les armes, fixant notamment la fin de l’année 2025 comme échéance pour le désarmement du Hezbollah.

Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de réaffirmer le monopole de l’État sur les décisions souveraines et sécuritaires, une question centrale largement abordée lors de la conférence.

Le chef des FL a également évoqué la décision du ministère des Affaires étrangères, prise en coordination avec la présidence et le gouvernement. Le ministère avait convoqué le chargé d’affaires iranien pour l’informer de la décision des autorités de considérer persona non grata l’ambassadeur Mohammad Reza Raouf Sheibani, nommé à ce poste en février.

De son côté, le vice-président des Forces libanaises et député Georges Adwan a déclaré à Ici Beyrouth que «les Libanais sont inquiets et seul l’État peut les rassurer en reprenant le contrôle de ses décisions».

Enfin, le chef du bureau de presse des Forces libanaises, Charles Jabbour, a précisé à Ici Beyrouth: «Nous nous mettrons d’accord aujourd’hui sur une décision unique lors de la conférence, à savoir la nécessité de mettre fin aux armes du Hezbollah et d’appliquer les décisions de l’État.»

 

 

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