Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a ordonné dimanche à l'armée israélienne «d'étendre la zone de sécurité» au Liban, où elle mène des frappes massives qui ont fait plus de 1.200 morts depuis début mars.
Le Hezbollah a de son côté revendiqué dimanche dans des communiqués avoir lancé des attaques contre des troupes et des positions israéliennes, aussi bien dans des villages libanais à la frontière que sur des localités du nord d'Israël.
«Au Liban, j'ai ordonné à l'instant d'étendre davantage la zone de sécurité existante afin de neutraliser définitivement la menace d'invasion et d'éloigner de la frontière les tirs de missiles antichars», a déclaré M. Netanyahou dans une vidéo.
Après avoir annoncé dimanche la mort d'un cinquième soldat depuis le 2 mars au Liban, l’armée israélienne a affirmé que ses troupes avaient mené «une opération ciblée visant à empêcher les tentatives» du Hezbollah «de s'implanter le long de la frontière libanaise».
Les forces israéliennes ont traversé «à pied, dans la neige épaisse, depuis le mont Hermon syrien», qu'Israël occupe depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad, «jusqu'à la région du mont Dov, dans le sud du Liban, afin de surveiller la zone, de recueillir des renseignements et de localiser les infrastructures terroristes ennemies», selon l'armée.
Combats au sol et intensification des frappes
Sur le terrain, les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs du sud du Liban. Le Hezbollah affirme avoir repoussé plusieurs tentatives d’avancée israélienne autour de Khiam, Taybé et Rchaf, évoquant une stratégie de « manœuvre » plutôt qu’une défense statique.
La milice a également revendiqué des attaques contre des troupes israéliennes dans des villages frontaliers ainsi que des tirs de roquettes vers le nord d’Israël, notamment en direction de la région de Nahariya.
Dans la localité de Biyyadda, le Hezbollah affirme avoir visé deux chars Merkava à l’aide de missiles guidés, « les touchant de plein fouet ».
Parallèlement, les frappes israéliennes se sont intensifiées dimanche sur plusieurs localités, notamment Nabatiyé el-Fawqa, Doueir, Touline, Yohmor al-Sahkif, Khiam, Haris, Blat, Zotor al-Charqiyé et Aadchit. Des bombardements d’artillerie ont également visé Kfar Reman, Zaoutar el-Charqiyé, Froun et Zibdine, ainsi qu’une zone entre Kfara et Yater.
Des incidents ont également été signalés impliquant la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), avec des blessés rapportés parmi le contingent indonésien après un bombardement à Adchit al-Qoussair. Les Casques bleus ont été contraints de se réfugier dans des abris.
«Attaques répétées»
Le ministère de la Santé a donné dimanche un nouveau bilan des frappes israéliennes avec 1.238 morts depuis le 2 mars, dont 124 enfants. Rien que samedi et dimanche, 49 personnes ont été tuées, parmi lesquelles 10 secouristes et trois journalistes. Plus de 3.500 personnes ont également été blessées.
En matinée, une ambulance d'un service de secours affilié au Hezbollah a été visée par une frappe israélienne qui a tué deux personnes dans le sud du pays, un secouriste et la personne blessée qu'il était venu sauver, selon l'organisation jointe par l'AFP.
Le ministère de la Santé a condamné des «attaques répétées de l'ennemi sur le secteur de la santé», ajoutant qu'un entrepôt où étaient stockés des médicaments avait aussi été totalement détruit par des frappes.
Au total, 52 secouristes et membres du personnel de santé ont été tués depuis le début de la guerre, selon le ministère.
Trois journalistes libanais, tués samedi par une frappe israélienne sur leur voiture dans la région de Jezzine, ont été enterrés lors de funérailles dans un cimetière provisoire de la banlieue sud en présence de leurs proches et de leurs collègues.
Les autorités libanaises ont dernièrement durci le ton contre l'Iran: l'accusant d'ingérence, elles ont sommé l'ambassadeur iranien de quitter le territoire d'ici dimanche, une décision contestée par le Hezbollah et son allié, Amal.
Une source diplomatique iranienne a indiqué dimanche à l'AFP que Mohammad Reza Raeuf Sheibani ne se plierait pas à cette décision «conformément à la volonté du président (du Parlement) Nabih Berri et du Hezbollah».
Quant aux étudiants de l'université américaine de Beyrouth (AUB) et l’université libano-amércaine (LAU), ils devront suivre leurs cours à distance lundi et mardi, ont annoncé les directions qui fermeront leurs portes pendant deux jours après les menaces des Gardiens de la Révolution iraniens de cibler les universités américaines au Moyen-Orient.



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