La nouvelle ministre française de la Culture, Catherine Pégard, a estimé lundi qu'il faudrait «aménager» le vaste plan de rénovation du Louvre annoncé en 2025 par Emmanuel Macron pour «intégrer davantage» les questions de sûreté et répondre aux failles mises au jour par le casse du 19 octobre.
Évalué à plus d'un milliard d'euros, le plan Louvre Nouvelle Renaissance, qui prévoit la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été brandi par l'ancienne direction du musée comme la réponse aux dysfonctionnements de l'établissement.
Le 19 octobre dernier, plusieurs joyaux de la Couronne française avaient été volés en plein jour dans une aile du musée, qui accueille chaque année quelque 9 millions de visiteurs. Le butin, estimé à 88 millions d'euros, est toujours introuvable.
Mis entre parenthèses depuis le cambriolage, le plan de rénovation «conserve toute sa nécessité pour que le Louvre soit présent dans ce XXIᵉ siècle, comme il a été dans le XXᵉ, comme le plus grand musée du monde», a estimé Mme Pégard, qui donnait sur la radio publique France Inter sa première interview depuis qu'elle a succédé fin février à Rachida Dati.
Mais, a-t-elle ajouté, «nous allons travailler à aménager probablement certains aspects de ce plan, à en renforcer d'autres, peut-être à préciser le cahier des charges pour intégrer davantage les questions de sûreté et de sécurité».
La ministre entend ainsi mettre «la sécurité et la sûreté peut-être plus en avant qu'on ne l'avait fait», tout en «racontant la magnificence du Louvre de demain». «Ce n'est pas l'un ou l'autre», a ajouté cette ancienne présidente du château de Versailles.
Ce plan a connu un premier accroc avec le report sine die en février de la désignation du groupement d'architectes chargé du volet réaménagement du Louvre.
Mme Pégard a également assuré vouloir faire du temps qui reste avant la présidentielle de 2027 une «année utile» pour la culture, «utile pour ouvrir la culture à tous, mais utile aussi pour les artistes».
Elle a toutefois reconnu que son action serait limitée par les restrictions budgétaires mises en place par le gouvernement français, qui ont déjà conduit à réduire de 173,4 millions les crédits accordés à la Culture cette année (sur 3,7 milliards d'euros hors audiovisuel).
Fin février, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, fragilisée par le «casse du siècle» et un long mouvement de grève des agents du musée, avait démissionné et été remplacée par Christophe Leribault, à la tête du château de Versailles.
AFP



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