Beyrouth exige la remise d'un suspect réfugié à l’ambassade d’Ukraine
Des personnes inspectent les décombres d’immeubles rasés le 27 septembre par des frappes israéliennes ayant visé et tué le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 29 septembre 2024. ©Haitham Moussawi / AFP

Le Liban réclame que l'Ukraine lui livre un de ses ressortissants réfugié dans son ambassade après avoir fui la banlieue sud de Beyrouth où il était aux mains du Hezbollah, ont indiqué lundi un haut responsable sécuritaire et une source du parti pro-iranien à l'AFP.

L'homme, un Syro-Palestinien qui possède également la nationalité ukrainienne, avait été appréhendé en septembre par le Hezbollah pro-iranien qui l'accuse de liens avec le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, selon la source au sein du Hezbollah.

Il avait été repéré par la formation islamiste chiite alors qu'il avait «dissimulé un engin explosif de forte puissance (...) dans une moto qu'il avait stationnée sur la route menant à l'aéroport de Beyrouth», a ajouté la même source.

Le mouvement islamiste a maintenu l'homme en détention pendant plusieurs mois.

Le 6 mars, ce dernier s'est enfui lorsqu'une frappe israélienne a visé un bâtiment proche de celui où il était retenu, dans la banlieue sud de Beyrouth, a ajouté cette source.

La banlieue sud, bastion du Hezbollah, est pilonnée par l'aviation israélienne depuis que le groupe pro-iranien est entré dans la guerre régionale le 2 mars.

Le directeur de la Sûreté générale libanaise, Hassan Choucair, a indiqué à l'AFP que l'homme est «recherché par la justice libanaise» pour son «implication avec une cellule du Mossad dans la planification d'assassinats et d'attentats à la bombe dans la banlieue sud de Beyrouth».

La Sûreté générale avait arrêté cinq membres de la cellule avec laquelle il est soupçonné d'avoir travaillé, et les avait déférés devant la justice libanaise pour interrogatoire.

«L'ambassade d'Ukraine au Liban nous a contactés le 10 mars, nous demandant de délivrer un laissez-passer pour un de ses ressortissants présent chez elle, et qui a perdu son passeport», a précisé le général Choucair.

«En vérifiant son nom et sa photo, il est apparu qu’il était recherché par la justice libanaise et visé par plusieurs mandats d'amener (...). Nous avons donc informé l’ambassade d’Ukraine qu’il devait être immédiatement remis aux autorités libanaises», a ajouté le responsable.

Contactée par l'AFP, l'ambassade d'Ukraine au Liban n'a fait aucun commentaire.

Le Mossad est accusé de mener des opérations au Liban, où il a notamment orchestré en septembre 2024 une attaque spectaculaire aux bipeurs explosifs contre des centaines de membres du Hezbollah pro-iranien.

En octobre 2025, un responsable judiciaire avait indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient arrêté au cours des mois précédents 32 personnes, reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis à Israël des informations sur des dirigeants du Hezbollah.

AFP

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