Le Liban sous les bombes pour le 33e jour consécutif
Cette photographie montre les dégâts causés par une frappe aérienne israélienne dans la région d'al-Houch, près de la ville côtière libanaise de Tyr, le 4 avril 2026 ©KAWNAT HAJU/ AFP

Les combats se sont intensifiés samedi au Liban-Sud, marqués par une multiplication des frappes israéliennes, des tirs de roquettes du Hezbollah et une extension des zones ciblées, jusque dans la banlieue sud de Beyrouth.

Le ministère libanais de la Santé a annoncé un bilan de 1.422 morts et 4.294 blessés depuis le 2 mars.

Une série de frappes a visé samedi soir plusieurs localités du caza de Nabatiyé, alors que de violentes explosions ont détruit des habitations à Naqoura.
L’armée israélienne a lancé, en soirée, une alerte d’évacuation de la zone du poste-frontière de Masnaa, à la frontière libano-syrienne. «En raison de l’utilisation du poste de Masnaa par le Hezbollah à des fins militaires et pour le transfert d’armes, elle prévoit de mener des frappes contre ce point de passage dans un avenir proche», selon le texte.

 

Frappe ciblée dans les environs du lac Qaraoun

Une frappe israélienne a visé, samedi soir, un véhicule près du lac de Qaraoun, à plus de 400 mètres du barrage, sans cibler d’installations hydrauliques relevant de l’Office du Litani. Selon un bilan préliminaire, douze personnes ont été blessées.

La Direction de l’Office national du Litani a annoncé avoir pris des mesures préventives à la suite des récents développements sécuritaires et de la frappe ayant visé les abords du barrage de Qaraoun. Dans ce cadre, elle a adressé une lettre urgente à la municipalité de Qaraoun, l’appelant à adopter des dispositions immédiates afin de garantir la sécurité publique et la protection du barrage ainsi que des infrastructures hydrauliques qui y sont liées.

Le document demande notamment d’interdire tout rassemblement dans le périmètre du barrage, ainsi que de fermer les cafés et les sites touristiques ou de loisirs situés à proximité, afin de limiter les risques liés à la situation actuelle.

L’Office souligne que le barrage de Qaraoun et ses installations constituent une infrastructure publique vitale et stratégique, et que toute activité non essentielle dans ses environs est susceptible d’accroître les dangers pesant à la fois sur les installations et sur la population.

Il précise enfin que ces mesures s’inscrivent dans un cadre préventif et temporaire dicté par des circonstances exceptionnelles, appelant les habitants et les propriétaires d’établissements à coopérer pleinement avec les autorités locales et les instances compétentes jusqu’à la levée des risques.

Frappes au sud

L’armée israélienne a aussi mené des bombardements d’artillerie sur Bir al-Salassil et Kfardounine, tandis que des frappes aériennes ont visé plusieurs localités, notamment Bint Jbeil, Braachit (au moins quatre frappes recensées samedi), Bourj Qalaouiyé et Siddiqine. Des explosions ont également été signalées à Naqoura, après une opération israélienne, alors que des destructions importantes d’habitations y ont été rapportées.

Par ailleurs, l’armée israélienne a poursuivi sa stratégie de destruction d’infrastructures, ciblant notamment les ponts sur le fleuve Litani: l’aviation israélienne a à nouveau visé samedi matin celui reliant Sohmor à Machghara, dans l’est du pays.

Dans le caza de Nabatiyé, plusieurs frappes ont touché des zones entre Ansar et Zrariyé ainsi que la localité de Habbouch, où des blessés ont été signalés. Le village d’Ansar aurait été frappé à six reprises dans la journée. Des raids ont également été recensés à Choukine, Kfar Tebnit et Deir el-Zahrani.

 

Plus au sud, dans le caza de Tyr, des frappes ont visé trois bâtiments précédemment menacés. Un immeuble de cinq étages a été à moitié détruit, et un autre de 11 étages s'est effondré, selon un correspondant de l'AFP. Plus tôt dans la journée, deux frappes ont quasi-détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, dans le secteur d'al-Houch. Durant la nuit, le port de Tyr a aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, et des bateaux de pêche ont été endommagés.

Parallèlement, une maison a été entièrement détruite à Kharayeb (caza de Saïda) sans faire de victimes.

En parallèle, le Hezbollah a revendiqué plusieurs salves de roquettes en direction du nord d’Israël, ciblant notamment Kiryat Shmona, Metulla et des positions militaires à Avivim et Meron. Le mouvement affirme également avoir visé des blindés israéliens près de Khiam et Taybé. Dans l’après-midi, un missile tiré depuis le Liban a directement touché un bâtiment dans une zone industrielle à Safed. 

Côté israélien, l’armée affirme avoir ciblé des infrastructures liées à la «branche libanaise» de la force al-Qods iranienne. Elle a, par ailleurs, critiqué une nouvelle fois le plan de désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise au cours de l’année dernière. Toujours sur X (anciennement Twitter), la porte-parole arabophone, Ella Waweya, a publié des images d’armes, affirmant que plusieurs opérations de fouille ont été menées dans des bâtiments présentés comme des infrastructures militaires du Hezbollah. L’armée israélienne affirme y avoir découvert d’importantes caches d’armes, comprenant notamment des missiles antichars, des lance-roquettes RPG, des roquettes, des fusils d’assaut de type Kalachnikov ainsi que des quantités de munitions.

 

Un haut responsable militaire israélien, cité par Channel 13, a estimé que le désarmement du Hezbollah prendra du temps, mais que «l’opportunité est là». Selon Haaretz, l’armée israélienne aurait également jugé impossible de désarmer le Hezbollah sans une occupation totale du Liban, renvoyant cette responsabilité à l’État libanais.

Par ailleurs, la situation des forces internationales suscite des inquiétudes croissantes. Trois Casques bleus ont été blessés dans une explosion près d’Adeyssé, quelques jours après la mort de trois autres soldats de la Finul dans le sud du pays. Jakarta a qualifié samedi d'«inacceptable» l'explosion qui a blessé les trois Casques bleus , avant l'arrivée des corps de trois autres Casques bleus indonésiens. «Les attaques ou incidents répétés de ce type sont inacceptables», a déclaré le ministère indonésien des Affaires étrangères dans un communiqué.

 

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