L'armée israélienne a appelé samedi soir les habitants d'une zone proche du poste-frontière d'Al-Masnaa, à la frontière syro-libanaise, à évacuer, affirmant que le site était utilisé par le Hezbollah.
«En raison de l'utilisation du poste-frontière d'Al-Masnaa par le Hezbollah à des fins militaires et pour le transfert d'équipements de combat, l'armée israélienne prévoit de mener des frappes sur ce site dans un avenir proche», a déclaré sur X un porte-parole en langue arabe de l'armée, Avichay Adraee.
Il a appelé «toutes les personnes» se trouvant à proximité du poste-frontière «à évacuer immédiatement».
L'armée israélienne mène des frappes au Liban et a lancé une offensive terrestre dans le sud de ce pays depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah est entré en guerre contre Israël qui a attaqué avec les États-Unis son allié iranien.
Une source sécuritaire libanaise au poste-frontière de Masnaa a déclaré à l'AFP que le passage était en train d'être évacué «à la suite de la menace israélienne».
En Syrie, le directeur des relations publiques de l’Autorité générale des ports et des douanes, Mazen Aloush, a indiqué que le passage, connu côté syrien sous le nom de Jdeidet Yabous, était «exclusivement destiné à un usage civil et n'est utilisé à aucune fin militaire».
M. Aloush a cependant ajouté que «par souci pour la sécurité des voyageurs, la circulation à travers le poste-frontière sera temporairement suspendue jusqu'à ce que tout risque potentiel disparaisse».
Le poste-frontière de Masnaa est le principal point de passage entre le Liban et la Syrie, ce qui en fait une route commerciale essentielle pour les deux pays et la principale porte d'accès terrestre du Liban vers le reste de la région.
Israël avait déjà frappé ce passage le 4 octobre 2024, lors de sa précédente guerre avec le Hezbollah.
Fayez Rasamny rejette les allégations de contrebande
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny, a intensifié ses efforts pour suivre l’évolution de la situation au poste-frontière de Masnaa. Ces contacts ont conduit à l’adoption de mesures préventives rapides afin d’assurer la sécurité du transit et de limiter les risques liés à la concentration de camions dans la zone. Il a par ailleurs insisté sur le fait que le poste-frontière de Masnaa est placé sous un contrôle strict des services de sécurité libanais, avec des opérations de contrôle minutieux, utilisant notamment des scanners. Il a démenti toute allégation de contrebande, en particulier d’armes, assurant qu’elles ne reposent sur aucun élément concret.
En coordination avec le ministre des Finances, Yassine Jaber, une série de directives a été adressée aux responsables concernés, notamment au directeur général du transport terrestre et maritime, Ahmad Tamer, au président du Conseil supérieur des douanes, le général Misbah Khalil, ainsi qu’à la directrice générale des douanes, Gracia Kazzi. L’objectif était de faciliter les procédures et de désengorger la zone frontalière entre Masnaa et le poste syrien de Jdeidet Yabous, en évacuant les camions bloqués.
Dans ce cadre, l’administration des douanes, en coordination étroite avec la Sûreté générale et les autres services compétents, a rapidement mis en œuvre ces mesures. Les camions chargés immobilisés entre les deux frontières ont été redirigés vers les aires douanières, tandis que les camions libanais vides ont été autorisés à entrer directement sur le territoire libanais.
Selon les autorités, près de 200 camions dont les chauffeurs étaient à bord ont ainsi été déplacés vers les zones dédiées, permettant de réduire la pression et de réorganiser le flux au niveau du poste-frontière. Certaines remorques sans chauffeurs restent toutefois bloquées, posant un défi logistique que les autorités s’efforcent de résoudre en coordination avec la partie syrienne.
De leur côté, les autorités syriennes ont coopéré en autorisant le retour de camions vers leurs propres aires douanières, dans le cadre d’une coordination bilatérale visant à désengorger la zone.
Enfin, M. Rasamny a salué les efforts déployés par l’ensemble des services concernés – douanes, Sûreté générale, direction du transport terrestre et maritime – soulignant la rapidité de leur coordination, qui a permis de contenir la situation et de garantir la sécurité des conducteurs, des marchandises et des camions, qu’ils soient libanais ou étrangers.
Avec AFP



Commentaires