Les ordres d’évacuation et les bombardements se poursuivent au Liban, exclu de la trêve
Premières images de la frappe israélienne visant un véhicule sur le front de mer de Saïda, le 8 avril 2026. ©Images amateur

Les ordres d’évacuation et les bombardements israéliens au Liban se poursuivent sans relâche mercredi quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre l’Iran, les États-Unis et Israël, l’État hébreu affirmant que la trêve n'incluait pas le pays du Cêdre.

L'armée israélienne a ainsi mené plusieurs frappes sur le sud du Liban mercredi matin et renouvelé ses ordres d'évacuation pour la population de cette vaste région au sud du fleuve Zahrani ainsi que celle de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.

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Une frappe de drone a visé à l’aube une voiture stationnée devant deux cafés sur la corniche maritime de Saïda, alors que les lieux étaient bondés de clients et de déplacés venus du sud. Selon un bilan provisoire communiqué par le Centre des opérations d’urgence du ministère libanais de la Santé, l’attaque a fait huit morts et 28 blessés. La voiture a été entièrement incendiée et les deux établissements ont subi d’importants dégâts.

Les victimes seraient originaires de Chebaa. Les équipes de secours ont évacué les blessés vers les hôpitaux de la ville, tandis que les forces de sécurité et l’armée libanaise se sont déployées sur place et que les pompiers s’efforçaient de maîtriser les incendies.

«Nous avons été informés d'une frappe sur la route du front de mer à Saïda. Nous avons envoyé deux équipes, mais celles-ci ont demandé des renforts en raison du nombre élevé de victimes», a indiqué à l'AFP Louay Sabeh, secouriste au sein d'une association locale.

Les équipes de secours ont transporté au moins six blessés depuis les lieux de l'attaque, a-t-il précisé.

Par ailleurs, une autre frappe israélienne a ciblé à l’aube un bâtiment dans le secteur de Jal el-Bahr, à proximité de l’hôpital Hiram, toujours au sud, faisant quatre morts. Une position de secouristes affiliés à la «Société islamique de santé» a également été visée dans la localité de Chaqra, faisant plusieurs blessés.

Plus au sud, les attaques se sont multipliées. Un drone israélien a frappé une ambulance dans la localité de Qlaylé, dans le caza de Tyr, tuant quatre personnes. Une autre frappe a visé une voiture sur la route reliant Hannaouiyé à Tyr, faisant des blessés, tandis qu’une moto a été ciblée à Qana. L’aviation israélienne a également bombardé la région de Rihan, dans le caza de Jezzine.

Des tirs d’artillerie ont aussi touché plusieurs villages du sud du pays, notamment Mansouri, Qabrikha, Jmeijmé, Hanniyé et Mansouri. D’autres frappes aériennes ont visé les localités de Chaqra, Haddatha, Rab Thalathine, la région d’al-Abbassiyé et Kafra.

Dans la Békaa ouest, l’aviation israélienne a mené une frappe entre les localités de Sohmor et Yohmor, élargissant encore le champ des opérations militaires à l’est du pays.

Le Hezbollah pour sa part n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël depuis 01h00 locale environ (mardi 22h00 GMT).

Un peu plus tard, l'armée israélienne a appelé la population de plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, à évacuer en prévision de frappes à venir.

L'appel qui concerne sept faubourgs de la capitale libanaise, parmi lesquels Haret Hreik, Ghobeiry, Hadath ou encore Bourj al-Barajné, a été lancé sur les réseaux sociaux par le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne.

https://x.com/avichayadraee/status/2041797963547099279?s=46&t=uQUjjqVtY1FGCJ_gaULcbg

Israël a déclaré soutenir l’accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu entre les États-Unis et l’Iran mais précisé qu'il «n’incluait pas le Liban».

Le président libanais Joseph Aoun a salué la trêve et affirmé que le Liban oeuvrait à être inclus dans la «paix régionale». «Le président a insisté sur les efforts continus de l'État libanais pour que le Liban soit inclus dans la paix régionale, de façon stable et durable», selon un communiqué de la présidence.

L'armée libanaise a quant à elle appelé mercredi matin dans un communiqué les déplacés à «attendre avant de rentrer» dans le sud du pays par précaution.

Des images transmises par des télévisions locales ont montré un petit nombre de personnes en voiture et des familles avec des enfants sur des motos rentrer vers des zones qu'ils avaient évacuées au début de la guerre.

Les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus de 1.500 morts et plus d'un million de déplacés, notamment du sud et de la banlieue sud de Beyrouth.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé que les États-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu «partout», y compris au Liban, à la suite d'une médiation pakistanaise.

Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que le cessez-le-feu devait «inclure pleinement le Liban» sur la durée.

 

 

 

 

 

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