Négociations sous tension pour le Hezbollah
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Le bras de fer politique s’intensifie entre le Hezbollah et le gouvernement libanais, sur fond de négociations avec Israël. Le Hezbollah refuse que l’État libanais joue un rôle dans ce dossier, estimant que confier la gestion du volet libanais à l’Iran lui permettrait de préserver son emprise sur le Liban, dans toute éventuelle entente issue de négociations avec les États-Unis, notamment en maintenant son arsenal et son influence, sous une forme ou une autre.

Or, comme l’État libanais reprend la main dans le cadre des négociations avec Israël et parvient à un accord politico-sécuritaire, cela signifierait la fin du rôle militaire, sécuritaire et politique du Hezbollah; une issue que ce dernier rejette catégoriquement et qu’il cherchera à empêcher par tous les moyens, notamment en sabotant les négociations. Toutefois, l’État libanais semble déterminé à poursuivre la confrontation politique sur ce terrain.

Sur le front diplomatique, le gouvernement a su absorber les pressions visant à arrimer la situation libanaise aux résultats des négociations avec l’Iran, lesquelles auraient permis à Téhéran, en coordination avec le Hezbollah, de décider de l’avenir du Liban. Il est même allé plus loin en intensifiant ses contacts avec les acteurs internationaux et régionaux, en vue de lancer des négociations directes entre le Liban et Israël.

Dans ce cadre, le président de la République, le général Joseph Aoun, a adressé des messages à ces parties, affirmant que le Liban souhaite s’inscrire dans une dynamique de solution, de stabilité et de paix dans la région, et que cela ne peut se faire qu’à travers l’État.

Ces démarches diplomatiques ont trouvé un écho auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui a annoncé avoir autorisé l’ouverture de négociations directes avec le Liban, portant sur le désarmement du Hezbollah et l’établissement de relations pacifiques entre les deux pays. L’administration américaine devrait prochainement entrer en contact avec le gouvernement libanais, par l’intermédiaire de son ambassadeur Michel Issa, actuellement aux États-Unis, afin de préparer ce processus.

Toutefois, selon des sources officielles libanaises, aucune notification formelle n’a, à ce stade, été reçue quant à la position israélienne concernant ces négociations. Elles précisent avoir pris connaissance de ces développements par voie de presse et attendre les démarches officielles.

Selon ces mêmes sources, les efforts conjoints du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam auraient permis d’amorcer un processus de négociation, qui devrait s’inscrire dans le cadre d’une trêve. Il serait envisagé d’appliquer au Liban le modèle pakistanais, similaire à celui adopté avec l’Iran, à savoir une trêve de deux semaines, suivie du lancement de négociations 72 heures après son entrée en vigueur.

Toujours selon ces sources, la délégation libanaise serait dirigée par l’ambassadeur Simon Karam, entouré des personnalités compétentes, conformément aux prérogatives constitutionnelles du président. La délégation ne serait pas de nature confessionnelle, un point faisant consensus au sein des autorités libanaises.

Ni la date ni le lieu des négociations n’ont encore été fixés. Washington pourrait toutefois les accueillir, d’autant que le Premier ministre israélien a chargé son ambassadeur dans la capitale américaine, Yechiel Leiter, de suivre ce dossier.

Par ailleurs, le choix de Washington s’expliquerait par la volonté de l’administration américaine de garantir le succès des négociations, en se donnant les moyens d’exercer des pressions plus efficaces afin d’aboutir à un accord entre le Liban et Israël, difficilement contournable à l’avenir, et susceptible d’assurer une paix et une stabilité durables.

 

 

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