Une réunion doit se tenir au département d’État américain entre les ambassadeurs du Liban et d’Israël à Washington, Nada Hamadé Mouawad et Yechiel Leiter, en présence du médiateur américain, l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa.
Une participation américaine à un niveau plus élevé n’est pas exclue. Selon certaines informations, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, suit de près les discussions et pourrait même surprendre les négociateurs en y prenant part.
Selon des sources libanaises, la séance sera exclusivement consacrée à la question d’un cessez-le-feu et n’abordera aucun autre dossier, une ligne que Mme Mouawad entend, à minima, respecter.
Selon ces sources, Washington soutient fermement la demande libanaise en faveur d’un arrêt des hostilités. Côté israélien, les signaux restent en revanche ambigus: certains rejettent l’idée même d’un cessez-le-feu, tandis que d’autres s’interrogent encore sur sa portée, entre simple trêve et un arrêt durable des combats.
En cas de percée menant à une trêve ou à un cessez-le-feu, toujours selon ces sources, des négociations pourraient ensuite s’ouvrir avec des délégations de plein exercice. Celles-ci pourraient se tenir dans la région, avec une préférence pour Chypre, afin de maintenir les représentants libanais et israéliens à proximité de leurs centres de décision respectifs à Beyrouth et à Tel-Aviv.
Dans ce cadre, la délégation libanaise présenterait le document soumis auparavant à l’émissaire américain Tom Barrack. Ce texte prévoit notamment le retrait des territoires libanais occupés, le retour des déplacés, la libération des prisonniers, le règlement des points de divergence le long de la Ligne bleue, ainsi que la fin des attaques et des violations. L’objectif affiché est de parvenir à des arrangements sécuritaires à la frontière entre les deux pays, ouvrant la voie à un accord de non-agression.
Selon des sources libanaises, le Liban reste attaché à une logique de mesures graduelles et réciproques, impliquant des avancées simultanées des deux côtés, en fonction des engagements respectifs.
La délégation libanaise entend également soulever la question des prétextes invoqués par le Hezbollah pour ne pas remettre ses armes. Cette approche, toujours selon les mêmes sources, serait présentée comme la seule permettant à l’État libanais de s’engager dans un processus effectif de désarmement et d’en assurer la mise en œuvre.
En parallèle, Israël, tout en étant conscient des difficultés du gouvernement libanais à mettre en œuvre une telle décision, maintient cette exigence comme préalable, son objectif principal restant la sécurisation des localités du nord.
Selon des sources politiques et sécuritaires israéliennes, le désarmement du Hezbollah nécessiterait une stratégie différente de celle adoptée pour l’application de la résolution 1701. L’objectif serait désormais un démantèlement complet de l’organisation, incluant l’interdiction de ses activités sociales, éducatives, financières et économiques.
Dans ce cadre, il serait également question d’écarter les ministres affiliés au Hezbollah du gouvernement et d’exclure, à l’avenir, toute nomination de personnes proches du mouvement à des postes liés à la prise de décision. Elles évoquent enfin la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran.
Selon ces informations, Israël entendrait réclamer ce qu’elle qualifie de «processus de purification» au sein de l’armée et des services de sécurité, visant les personnes considérées comme proches du Hezbollah ou soupçonnées de collaboration avec lui.
Il s’agirait, en outre, de mettre en œuvre l’ensemble des mesures nécessaires pour empêcher le Hezbollah de reconstituer ses infrastructures militaires. Israël demanderait également la construction d’un mur frontalier entre le Liban et la Syrie, ainsi que la supervision des postes-frontières légaux entre les deux pays par des instances internationales.
À en croire ces sources, les Israéliens ne s’opposeraient pas au renforcement des capacités de l’armée libanaise, à condition qu’il s’effectue sous supervision américaine. Ils insistent également sur la nécessité de revaloriser la solde des militaires libanais.
Enfin, Israël exigerait toutefois que tout accord lui garantisse une liberté d’action en cas de menace, de violation ou d’activité militaire susceptible de compromettre sa sécurité.




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