Le Hezbollah s’emploie à remonter le cours des événements au Liban, en œuvrant à la chute du gouvernement du président Nawaf Salam et, si possible, à celle du président de la République, Joseph Aoun. L’objectif est clair: installer à ces postes des personnalités acquises à sa cause, afin de réhabiliter la légitimité de son arsenal et de maintenir le Liban comme théâtre de ses guerres au service du projet régional iranien.
Selon des informations émanant de sources arabes, le Hezbollah et l’Iran seraient convenus de ne consentir aucune concession sur quelque dossier que ce soit, préférant une reprise du conflit à la remise des cartes qu’ils détiennent aux États-Unis. Toujours selon ces sources, le président américain, Donald Trump, finira par découvrir les manœuvres dilatoires et les stratégies de contournement mises en œuvre par Téhéran. Le régime iranien, affirment-elles, ne saurait subsister dans un contexte de paix et de stabilité: il a besoin de la persistance des conflits et des tensions pour conserver un rôle régional, notamment par l’intermédiaire de ses relais, au premier rang desquels figure le Hezbollah.
Dans ce contexte, une reprise des hostilités, tôt ou tard, impliquant l’Iran et le Hezbollah, n’est pas à exclure, même en cas d’accords préliminaires avec Washington. Un revirement ou un non-respect de tels arrangements demeure possible à tout moment, ce qui pourrait conduire Washington et Tel-Aviv à relancer des opérations militaires contre l’Iran et dans le sud du Liban.
Par ailleurs, l’hypothèse d’une montée en tension sur la scène intérieure libanaise, orchestrée par le Hezbollah à travers des mobilisations de rue susceptibles de dégénérer progressivement en chaos et en affrontements, reste très plausible, à en croire ces mêmes sources. Un tel climat offrirait à la formation pro-iranienne un terrain propice pour remettre en cause les acquis de l’État depuis l’élection du général Joseph Aoun à la présidence de la République, la formation du gouvernement de Nawaf Salam, ainsi que les décisions visant à restreindre l’armement du Hezbollah, à interdire ses activités militaires et sécuritaires et à faire de Beyrouth une capitale exempte d’armes. S’y ajoute la décision d’engager des négociations directes avec Israël — une perspective que le Hezbollah rejette catégoriquement, dans la mesure où elle reviendrait à retirer cette carte stratégique des mains de l’Iran.
Il n’est d’ailleurs pas anodin que le président américain Donald Trump ait répété à plusieurs reprises que la voie des négociations et des arrangements avec l’Iran est décorrélée du dossier libanais, bien que la carte du Hezbollah soit commune aux deux volets. L’objectif de Téhéran serait de conserver cette carte à tout prix et de l’utiliser comme levier de négociation, tandis que la priorité libanaise serait de se défaire définitivement de la dimension militaire du Hezbollah et de restaurer l’autorité et le prestige de l’État.
Dans ce contexte, et selon les informations disponibles, il n’est pas exclu que le Hezbollah, à la demande de l’Iran, provoque une escalade militaire et sécuritaire. Deux options se présenteraient alors à lui: rallumer la guerre avec Israël ou attiser les tensions internes afin de déstabiliser le statu quo actuel. Les déclarations de ses responsables en donnent déjà un aperçu, préparant le terrain à un retour des tensions, que ce soit à l’intérieur du pays ou sur le front avec Israël, tout en maintenant le sud dans un état d’embrasement, en dehors du contrôle de la légalité libanaise et internationale.
C’est dans ce cadre que s’inscrit l’attaque visant l’unité française de la force internationale (Finul), qui a coûté la vie à un soldat français, touché par des tirs attribués à des éléments du Hezbollah, comme l’a laissé entendre le président français Emmanuel Macron. Il convient de rappeler qu’aucune autre présence armée n’est signalée dans la zone où s’est produite l’attaque, à savoir la localité de Ghandouriyé, en dehors de celle du Hezbollah.




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