Le soldat pris en photo soulevant une masse pour frapper une statue de Jésus dans le sud du Liban fait partie de l'armée israélienne, a confirmé celle-ci dans la nuit après l'ouverture d'une enquête dimanche.
«À l'issue d'un premier examen (...) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban», a écrit l'armée lundi peu après minuit sur son compte X, alors que le cliché circule largement sur les réseaux sociaux.
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban.
«Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête», a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec «la plus grande sévérité».
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte «honteux et dégradant».
«Je suis convaincu que des mesures sévères nécessaires seront prises contre les auteurs de cet acte ignoble», a-t-il écrit sur X.
«Nous présentons nos excuses pour cet incident et à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés».
Pour sa part, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé lundi qu’«en tant qu’État juif, Israël défend des valeurs de tolérance et de respect mutuel entre les juifs et les fidèles de toutes les religions», estimant que «toutes les religions prospèrent» dans le pays.
Dans une publication sur X, il s’est dit «stupéfait et attristé» après avoir appris qu’un soldat israélien avait endommagé une icône religieuse catholique dans le sud du Liban, condamnant l’acte «dans les termes les plus fermes». Il a précisé qu’une «enquête pénale» était en cours et que des mesures disciplinaires «sévères» seraient prises.
Netanyahou a également affirmé que «la population chrétienne en Israël prospère contrairement au reste du Moyen-Orient», ajoutant qu’Israël serait «le seul pays de la région où la liberté de culte est respectée pour tous». Il a enfin exprimé ses «regrets pour cet incident et pour toute atteinte causée aux croyants au Liban et dans le monde».
Plus tôt dimanche, le porte-parole militaire israélien Nadav Shoshani avait annoncé que l'armée examinait l'authenticité du cliché.
L'image montre un soldat israélien utilisant une masse pour frapper la tête d'une statue de Jésus crucifié tombée de sa croix.
Des médias arabes ont affirmé que la statue se trouvait dans le village chrétien de Debl, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël.
La municipalité de Debl a indiqué à l'AFP que la statue se trouvait bien dans le village, mais n'a pas pu confirmer qu'elle avait été endommagée.
L'armée israélienne a encore assuré «aider la communauté à remettre la statue en place» et indiqué n'avoir «aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux.
Les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont démoli dimanche de nouvelles maisons, selon l'agence de presse officielle libanaise, ANI.
AFP



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