Au Liban, le mot «victoire» a été vidé de tout sens et le Hezbollah en a fait un instrument de propagande. À chaque confrontation, le même récit est imposé: celui d’un triomphe prétendu, martelé sans relâche, en décalage total avec la réalité. Cette rhétorique ne trompe plus que ceux qui refusent de voir.
Que signifie une «victoire» lorsque près de 500 km² sont ravagés ? Lorsque des milliers de personnes sont tuées, blessées ou contraintes de fuir leurs foyers ? Lorsque des régions entières sont détruites, des terres agricoles anéanties et une économie déjà fragile encore davantage affaiblie ?
Si cela est une victoire, alors le Liban n’a plus besoin d’ennemis.
Le coût réel: un pays à genoux
Derrière les slogans et les discours du Hezbollah, il y a un pays qui s’effondre. Des familles déplacées qui ne savent pas si elles pourront rentrer chez elles. Des agriculteurs qui perdent leur terre et leur subsistance. Des infrastructures détruites qui mettront des années à être reconstruites si elles le sont un jour.
Ce bilan humain et matériel n’est pas une abstraction. Il constitue le quotidien de milliers de Libanais. Et pourtant, il est constamment minimisé, voire nié par la milice iranienne, au profit d’un récit héroïque qui ne correspond en rien à la réalité vécue.
Le décalage entre le discours et les faits n’a jamais été aussi criant.
Une souveraineté confisquée
Le Hezbollah agit largement en dehors du cadre étatique et en marge des mécanismes de décision démocratique. Cette organisation impose ses orientations stratégiques à l’ensemble du pays, sans contrôle institutionnel.
Ce n’est plus seulement une anomalie politique: il s’agit d’une confiscation de la souveraineté nationale, où les choix de guerre et de paix échappent à l’État libanais.
Le résultat est implacable: un Liban entraîné dans des conflits qui ne correspondent pas à ses intérêts, et qui servent des agendas dépassant largement ses frontières.
Cette dynamique ne peut être comprise sans rappeler les équilibres régionaux qui l’ont rendue possible. L’ancien régime syrien et ses relais au Liban, ainsi que les soutiens iraniens, ont historiquement contribué à structurer et renforcer l’influence de cette organisation, lui permettant d’atteindre le poids militaire qu’elle exerce aujourd’hui.
Dans ce contexte, une question fondamentale de loyauté nationale se pose, dans la mesure où une milice armée influence les décisions stratégiques du pays en fonction d’alliances extérieures, plutôt qu’en fonction des seuls intérêts de l’État libanais.
L’illusion entretenue
Le plus grave est peut-être là: dans la fabrication systématique du mensonge par ce groupe armé. Chaque destruction devient une «victoire». Chaque perte est maquillée en succès. Chaque crise est recyclée en récit héroïque.
Cette mécanique de propagande empêche toute remise en question. Elle enferme le pays dans un cycle destructeur, où l’échec est constamment nié et reproduit.
À force de répéter ces fictions, le bras armé de l’Iran tente d’imposer une réalité parallèle.
Un Liban captif d’un conflit qui n’est pas le sien
Jour après jour, le Liban est entraîné dans les abîmes d’un conflit qui ne correspond ni à ses intérêts, ni à ses priorités, ni à la volonté de sa population.
Après plusieurs années de crises, de tensions et de destructions, une évidence s’impose : ce pays est pris en otage par une logique qui le dépasse et le détruit, celle du Hezbollah.
Combien de temps encore faudra-t-il accepter cela ?
L’urgence d’un sursaut
Il est temps de mettre fin à la mascarade, de briser les illusions, de refuser les discours qui travestissent la réalité.
Aucune reconstruction sérieuse, aucune stabilité durable, aucun avenir viable ne seront possibles tant que des armes continueront d’exister en dehors du contrôle de l’État.
Le Liban ne peut pas se reconstruire sous contrainte.
Respirer, enfin
Après des décennies de cauchemars, une exigence simple doit s’imposer: celle de vivre en paix dans un pays souverain, stable, libéré des logiques de guerre permanente.
Le Liban mérite mieux que des victoires fabriquées.
Il mérite de vivre. Il mérite de respirer.



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