Le billet vert fléchit, porté par l’hypothèse d’un apaisement entre Washington et Téhéran
Des traders travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à l’ouverture de la séance, à New York, le 20 avril 2026. ©Timothy A. clary / AFP

Le dollar est en repli vendredi, dans un contexte marqué par des signaux en faveur d’une possible reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran. Selon une source officielle pakistanaise, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi est attendu à Islamabad dans la soirée, sans précision sur ses interlocuteurs.

Cette information alimente les anticipations d’un nouveau cycle de négociations. «Les marchés anticipent désormais un second cycle de négociations, mais des éclaircissements supplémentaires pourraient être nécessaires pour consolider cette dynamique», observe Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Malgré les incertitudes persistantes, les investisseurs semblent s’accrocher à cette perspective. Ils y voient «le signe d’une désescalade avant le week-end», souligne la même source.

Plus tôt dans la séance, le marché des changes restait pourtant dominé par l’attentisme, en raison du flou entourant l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

Vers 12H40 GMT, le billet vert accentuait son recul, cédant 0,21% face à l’euro, à 1,1708 dollar, et 0,09% face au yen japonais.

Traditionnellement considéré comme une valeur refuge, le dollar bénéficie en période de tensions. À l’inverse, la perspective d’un apaisement réduit la demande pour la devise américaine.

Dans ce contexte, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a indiqué mercredi que plusieurs alliés de Washington, notamment dans le Golfe et en Asie, ont sollicité des lignes de «swap» auprès de la Réserve fédérale, afin de garantir leur accès au dollar en cas de besoin.

Les marchés se tournent désormais vers les décisions des grandes banques centrales attendues la semaine prochaine. La Réserve fédérale doit se prononcer mercredi, suivie jeudi par la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre.

Selon Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill, «les réunions de printemps du FMI ont probablement harmonisé leurs stratégies, privilégiant la prudence à une action immédiate». Les principales institutions monétaires devraient ainsi maintenir leurs taux inchangés.

Certaines voix s’inquiètent toutefois des fragilités sous-jacentes. Début février, la vice-gouverneure de la Banque d’Angleterre Sarah Breeden évoquait le risque d’un ajustement brutal des marchés. Elle redoute notamment «la probabilité que plusieurs risques se concrétisent simultanément», citant un choc macroéconomique majeur, une perte de confiance dans le crédit privé ou encore une correction des valorisations liées à l’intelligence artificielle.

Au Japon également, la banque centrale devrait opter pour le statu quo mardi, malgré un rebond de l’inflation observé en mars.

Avec AFP

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