Jeux asiatiques de plage: le Liban monte en régime
Le Liban fait monter la pression sur le sable de Sanya. ©Lebanese Olympic Committee

Après la parade et les lumières de l’ouverture, la délégation libanaise est entrée dans le dur à Sanya. Et depuis, le bilan a pris du coffre: deux victoires de poids en volleyball masculin, une qualification historique pour les quarts de finale, un départ canon en teqball, une sortie plus rude chez les dames et une prestation courageuse en aquathlon, malgré une préparation loin des standards.

Au soir de la cérémonie d’ouverture, le Liban avait surtout montré son drapeau. Quelques jours plus tard, il a commencé à montrer autre chose: du répondant, du caractère et, par séquences, de vrais arguments sur le sable chinois. À Sanya, la délégation libanaise n’est plus dans le simple défilé. Elle est entrée dans le match.

Le duo Chbib-Abi Karam fait grimper la cadence

Le premier vrai coup est venu du volleyball de plage masculin. Le tandem Hadi Chbib-Jad Abi Karam a lancé sa campagne pied au plancher en dominant l’Indonésie en deux sets (21-16, 21-16). Une entrée propre, autoritaire, sans flottement. Le lendemain, les Libanais ont remis ça face à la Corée du Sud, encore en deux manches (21-7, 21-17), malgré une météo pluvieuse qui a brouillé les repères et alourdi les échanges. Deux matches, deux victoires, et déjà l’impression d’un duo en pleine montée en régime.

La suite a eu plus de relief. Battus par la Thaïlande, grosse cylindrée asiatique, les Libanais n’ont pas tout perdu dans l’affaire. Ce revers ne les a pas sortis de la route: il leur a ouvert la porte du deuxième tour. Et c’est là que leur tournoi a pris une autre épaisseur. Face au Kazakhstan, Chbib et Abi Karam sont allés chercher une victoire au couteau en trois sets (24-22, 18-21, 15-13), au bout du suspense, pour offrir au Liban une qualification historique en quart de finale du volleyball de plage aux Jeux asiatiques.

Historique, le mot n’est pas trop grand. Parce que le Liban n’avait encore jamais atteint ce niveau dans l’épreuve. Parce que ce duo a su tenir la pression, encaisser les temps faibles et serrer le jeu quand le match brûlait. Désormais, l’obstacle s’appelle l’Iran. Et derrière, en cas d’exploit, il y a le dernier carré.

Chez les dames, la route a été plus accidentée. Le duo Mirna Cheikho-Lara el-Nahi a d’abord cédé face au Chinese Taipei, avec une vraie résistance dans le deuxième set, avant de tomber contre la Thaïlande et de quitter la compétition. Le chantier restait relevé, face à des nations plus armées et mieux installées dans le circuit. Mais les Libanaises n’ont pas quitté la scène à contretemps: elles ont bataillé, tenu par moments, et pris ce qu’il y avait à prendre d’une campagne exigeante.

Le teqball libanais s’invite dans le match

L’autre éclaircie est venue du teqball. Après un report causé par la pluie, le duo Ahmad Orabi-Mohammad Hafez a démarré tambour battant, avec trois victoires d’affilée, toutes en deux sets, contre les Philippines, le Laos puis le Vietnam. Trois sorties, trois succès, et surtout une percée qui place le Liban dans la zone des médailles à l’échelle asiatique, une première dans la discipline.

Ce parcours a quelque chose de savoureux. Peu exposé, peu médiatisé, le teqball libanais a débarqué sans bruit et s’est mis à faire du bruit sur le terrain. Les joueurs ont évoqué le vent, l’adaptation au sable, la nécessité de corriger vite certains automatismes. Mais ils ont surtout répondu par le jeu, avec maîtrise et culot. Le rendez-vous face à la Thaïlande dira jusqu’où peut filer cette série, mais une chose est déjà acquise: le Liban s’est offert une vraie place dans le tableau.

L’aquathlon serre les dents, le Liban regarde devant

L’aquathlon, lui, a raconté une autre histoire. À 17 ans seulement, Jawad Younes a terminé 22e sur 34 pour sa première sortie asiatique, sur un format usant mêlant course, natation puis course à nouveau. Le classement ne dit pas tout. Il faut y remettre le contexte: une préparation bousculée par la guerre, les contrecoups du terrain libanais, et une entrée à ce niveau sans rampe de lancement idéale. Dans ce décor-là, sa course a surtout eu le mérite d’exister, et d’être menée jusqu’au bout.

Ce début de campagne dit finalement une chose simple: le Liban n’est pas venu à Sanya pour faire nombre. Il a déjà claqué un exploit, ouvert un front prometteur en teqball et placé son volleyball masculin dans une zone où tout devient possible. Sur le sable chinois, les Libanais ne se contentent plus d’être là. Ils commencent à peser.

 

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