Asie 2027 : le Liban y est presque
Dernière séance à Doha : les joueurs libanais peaufinent les réglages à la veille du choc décisif face au Yémen. ©Lebanese Football Association

Ce soir à 19h (heure de Beyrouth), au Grand Hamad Stadium de Doha, la sélection libanaise de football joue plus qu’un match : elle joue son retour sur la scène continentale. Face au Yémen, dans l’ultime journée du groupe B des qualifications pour la Coupe d’Asie 2027, un nul suffit aux hommes de Magid Bougherra pour valider une troisième qualification d’affilée, la quatrième de leur histoire.

Le football libanais y est presque. Mais dans ce genre de soirée, le « presque » ne vaut rien tant que le coup de sifflet final n’a pas tout figé. Leader avec 13 points, contre 11 au Yémen, la sélection libanaise aborde cette finale du groupe B avec deux résultats sur trois dans la poche. Un nul suffit. Une victoire signerait le billet avec autorité. Une défaite offrirait la qualification aux Yéménites.

La rencontre, initialement prévue en mars, a été reportée en raison des conditions sécuritaires dans la région. Elle désignera le dernier qualifié pour la Coupe d’Asie 2027, organisée en Arabie saoudite. Le vainqueur du groupe rejoindra la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et le Vietnam dans le groupe E. Autant dire que le décor est planté : ce soir, il n’y a ni tour de chauffe ni match de gestion. C’est une finale sans trophée, mais avec un billet continental au bout.

Le nul suffit, mais il faudra jouer

Le piège est connu : entrer sur le terrain pour défendre un nul. Le Liban devra surtout éviter de subir son avantage. Sa campagne parle pour lui : quatre victoires, un nul, 14 buts inscrits, aucun encaissé. Une défense hermétique, une gestion solide, une capacité à frapper sans se désorganiser. Mais face à un Yémen obligé de gagner, le match peut vite basculer dans le bras de fer.

La clé sera dans la gestion des temps faibles. Ne pas concéder trop de coups francs, fermer l’axe, couper les transitions et exploiter les espaces que les Yéménites finiront par laisser. Le Liban n’a pas besoin de se jeter, mais il ne peut pas non plus reculer trop bas. L’équilibre sera le mot d’ordre : bloc compact, relance propre, couloirs disciplinés, et efficacité dès que la fenêtre s’ouvre.

Bougherra, premier grand test

Pour Magid Bougherra, l’entrée en matière est corsée. Le technicien algérien, champion de la Coupe arabe 2021 avec l’Algérie A’, dirige son premier grand rendez-vous à la tête du Liban. Depuis le 22 mai, le groupe prépare cette échéance à Doha, entre remise à niveau physique, travail tactique et adaptation à une sélection remodelée.

Car le Liban se présente avec plusieurs absences et un visage différent de celui du match aller contre le Yémen. Le sélectionneur a donc dû recomposer, injecter de la fraîcheur, relancer certains profils et s’appuyer sur un mélange d’expérience et de jeunesse. Les cadres devront gérer l’émotion. Les jeunes devront jouer libérés. Et tout le monde devra répondre au même mot d’ordre : ne pas laisser filer un billet qui tend les bras.

Doha comme terrain d’appui

L’autre facteur sera la tribune. Le public libanais attendu à Doha peut transformer ce match délocalisé en rendez-vous presque à domicile. Dans une rencontre aussi tendue, un tacle gagné, une sortie propre ou une contre-attaque peuvent soulever un groupe. La sélection aura besoin de cette énergie pour tenir le rythme, calmer les emballements et faire durer l’avantage psychologique.

Le Yémen, lui, n’a qu’un chemin : gagner. Son sélectionneur Noureddine Ould Ali a resserré son groupe après un stage de neuf jours à Doha, avec 23 joueurs, dont 11 professionnels. L’équation yéménite est simple : pousser, forcer, renverser. Celle du Liban l’est tout autant : tenir, jouer juste, punir au bon moment.

 

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