Basket: Ghazir rugit, La Sagesse arrache une septième manche
Youssef Khayat attaque le cercle au cœur de la défense de Riyadi lors de la large victoire de La Sagesse à Ghazir (96-65). ©Sarkis Yeretsian

La Sagesse a surclassé Riyadi 96-65, samedi soir à Ghazir, pour égaliser à 3-3 dans la finale du championnat du Liban. Dominateurs dans l’intensité, au rebond et dans l’adresse, les Verts ont infligé 31 points d’écart au champion en titre. Le titre se jouera lundi à 21h30, à Manara, lors d’un match 7 décisif.

La Sagesse n’a pas seulement sauvé sa saison. Elle a envoyé un message. Dos au mur après sa défaite dans le match 5, l’équipe de Joe Ghattas a écrasé Riyadi 96-65 à Ghazir et imposé une septième rencontre dans cette finale disputée au meilleur des sept matches.

Le premier club à atteindre quatre victoires sera sacré champion du Liban. Après six manches, les deux rivaux en comptent trois chacun. La décision tombera donc lundi à Manara, sur le parquet de Riyadi.

Ghazir bascule immédiatement au vert

La Sagesse a pris le contrôle dès l’entre-deux. Agressive sur le porteur, présente sur les lignes de passe et plus tranchante dans les duels, elle a empêché Riyadi de poser son jeu en demi-terrain.

Les Verts ont rapidement attaqué les intervalles, couru après chaque rebond défensif et sanctionné les retards adverses. Le premier quart, remporté 26-15, a installé le rapport de force: onze points d’écart et une équipe de Riyadi déjà en difficulté pour trouver des tirs propres.

Le scénario ne s’est pas inversé dans la deuxième période. La Sagesse a continué à verrouiller sa raquette, à contrôler les secondes chances et à faire circuler le ballon avant d’attaquer les décalages. Un nouveau quart remporté 23-15 lui a permis de rejoindre les vestiaires avec dix-neuf longueurs d’avance, 49-30.

À la pause, Riyadi affichait trop peu d’adresse et trop peu d’impact pour menacer un adversaire lancé à pleine vitesse.

Un 18-2 pour tuer le retour

Le champion en titre a tenté de réagir au retour des vestiaires. Plus agressifs défensivement, les hommes d’Ahmad Farran ont profité de plusieurs possessions stériles de La Sagesse pour ramener l’écart à neuf points.

La fenêtre s’est refermée presque immédiatement.

Sekou Doumbouya a débloqué son équipe avec un panier accompagné de la faute, avant que La Sagesse ne déroule un 18-2. Défense resserrée, rebonds sécurisés, transitions rapides et adresse retrouvée: Riyadi a été repoussé à vingt-cinq longueurs à la fin du troisième quart, 70-45.

La dernière période n’a plus été qu’une gestion d’écart. Les deux entraîneurs ont progressivement ouvert leurs rotations, tandis que La Sagesse portait son avance à 31 points pour conclure sur le score de 96-65.

Les Verts ont remporté les quatre quarts: 26-15, 23-15, 21-15 et 26-20. Une domination continue, sans baisse de régime ni money-time à négocier.

Washington complet, le collectif répond

Deshawndre Washington a rendu une copie totale: 17 points, 11 rebonds, 6 passes décisives, 3 interceptions et 2 contres. Moins obligé de forcer qu’au match précédent, l’Américain a alterné fixation, création et jeu sans ballon.

Youssef Khayat a ajouté 15 points et 7 rebonds. Sekou Doumbouya et Gérard Hadidian ont inscrit 14 points chacun, tandis qu’Ali Mezher a compilé 10 points et 6 rebonds. Ali Haidar a apporté 8 unités.

Le passage de Louay Salha a également marqué la fin de rencontre. Entré dans les dernières minutes, il a réussi trois tirs primés en autant de tentatives pour inscrire 9 points en seulement trois minutes.

Cette production répartie tranche avec le match 5, durant lequel La Sagesse avait trop dépendu des 36 points de Washington. À Ghazir, la menace est venue de partout: cinq joueurs à au moins 10 points, du relais sur le banc et une circulation qui a empêché Riyadi de cibler un seul créateur.

La Sagesse confisque la raquette

La Sagesse a confisqué le rebond, étouffé Riyadi et repoussé le sacre. Les Verts ont dominé ce secteur 54-36, soit dix-huit prises supplémentaires. Ils ont limité les secondes chances de Riyadi tout en multipliant leurs propres possessions.

L’adresse a également creusé l’écart: 46% de réussite pour La Sagesse, contre seulement 33% pour Riyadi. Les deux équipes ont terminé avec un volume presque identique de passes décisives, 23 contre 22, tandis que Riyadi a pris un léger avantage aux interceptions, 9-8, et aux contres, 5-4.

Mais ces chiffres défensifs n’ont jamais compensé l’écart de précision et d’impact physique. La Sagesse a mieux terminé ses possessions, mieux fermé sa raquette et imposé davantage de densité sur quarante minutes.

Riyadi sans réponse

Dusan Miletic a été le meilleur marqueur de Riyadi avec 17 points et 7 rebonds. Ronald March en a ajouté 14, Ismaïl Ahmad 8, tandis qu’Amir Saoud et Kouat Noi ont été limités à 7 unités chacun. Ali Mansour a terminé avec 5 points, 7 rebonds et 6 passes décisives.

Privé de Wael Arakji, Riyadi avait compensé lors des matches précédents par une meilleure répartition des responsabilités. Cette fois, son attaque n’a jamais trouvé de continuité. Saoud et Mansour n’ont pas suffisamment déséquilibré le premier rideau, March a manqué de relais et Noi n’a pas retrouvé l’efficacité qui lui avait permis d’inscrire 28 points lors du match 5.

L’absence d’Arakji reste une donnée majeure, mais elle n’explique pas seule un revers de 31 points. Riyadi a été dominé dans l’engagement, l’adresse et la bataille du rebond. La défaite est collective, comme l’avait été la victoire deux jours plus tôt.

Une belle à protéger

Le basket libanais a obtenu ce qu’une finale peut offrir de plus fort: une septième manche, un titre sur quarante minutes et deux équipes sans droit à l’erreur. Il ne faudrait pas que les tribunes confisquent maintenant ce rendez-vous.

Depuis le début de la série, chaque public dénonce l’injure lorsqu’il la reçoit et la banalise lorsqu’elle part de son propre camp. Cette morale à sens unique est devenue aussi prévisible que médiocre. Soutenir son équipe ne donne aucun permis d’humilier les joueurs, leurs proches ou le public adverse.

Lundi, Manara peut être bruyante, hostile et irrespirable sportivement. Elle n’a pas besoin d’être vulgaire. Une finale se gagne au score, pas au concours d’injures.

Quarante minutes pour le titre

La loi du terrain a tenu durant les six premières rencontres: chaque équipe s’est imposée à domicile. Riyadi a gagné les matches 1, 3 et 5 à Manara; La Sagesse a répondu lors des manches 2, 4 et 6 à Ghazir.

Riyadi avait une balle de titre. La Sagesse l’a renvoyée à Manara.

Le champion en titre disposera de l’avantage du terrain pour la belle, mais la correction reçue samedi a rebattu les cartes. Riyadi devra retrouver son adresse, son contrôle du rebond et la circulation qui avaient fait sa force dans le match 5.

La Sagesse arrivera avec la dynamique, mais sans marge. Elle devra reproduire loin de Ghazir l’intensité, la discipline et le partage du ballon qui lui ont permis de prolonger la série.

Lundi soir, il n’y aura plus de calcul, de droit à la réponse ou de match suivant. Une rencontre, quarante minutes, un champion.

 

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