Une grève d’avertissement d’une journée a été observée lundi par les fonctionnaires, qui réclament au gouvernement de concrétiser ses engagements en matière de réajustement salarial. Face à l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils demandent que leur soit versé un montant équivalant à six fois leur salaire de 2019, comme solution transitoire en attendant une amélioration durable de la situation économique.
Mais ces revendications se heurtent à une réalité budgétaire contraignante. Dans un contexte marqué par une forte contraction des revenus de l’État, la marge de manœuvre des autorités demeure limitée. Résultat: les représentants des fonctionnaires eux-mêmes divergent sur l’opportunité du recours à la grève.
Deux ligues, deux approches
Deux structures principales se disputent la représentation des agents du secteur public.
D’un côté, la «Ligue des fonctionnaires du secteur public», présidée par Walid Geagea, estime que le mouvement était inévitable. Elle considère que les fonctionnaires n’ont d’autre choix que de défendre leurs droits, d’autant que de nouvelles recettes fiscales ont été introduites, notamment une taxe de 300.000 livres libanaises sur chaque bidon d’essence de 20 litres, adoptée le 16 février 2026.
De l’autre, le regroupement «Les Ligues du secteur public», dirigé par Raëd Hamadé, privilégie une approche plus mesurée. Il appelle à laisser du temps aux autorités pour élaborer une solution équilibrée, au regard des difficultés économiques que traverse le pays.
L’aile dure en première ligne
Le courant le plus ferme justifie son appel à la mobilisation par le refus du ministre des Finances, lors du dernier Conseil des ministres, d’accorder une aide sociale ou même d’augmenter les indemnités de transport.
Cette tendance regroupe un large éventail de forces syndicales influentes, notamment des enseignants des cycles primaire, secondaire et technique, ainsi que des assistants judiciaires et des militaires à la retraite.
Une équation économique complexe
Au cœur du différend figure la question du pouvoir d’achat. Les syndicats revendiquent un retour aux niveaux de rémunération d’avant 2019 — un objectif difficilement atteignable dans le contexte actuel. Une mission impossible qui relève davantage de la fiction que de la réalité.
La réponse du gouvernement
Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a réagi en appelant à la prudence. Il a souligné que l’exécutif ne pouvait adopter de mesures précipitées susceptibles d’aggraver les déséquilibres économiques.
«Les droits des fonctionnaires constituent un engagement ferme de l’État. Toutefois, leur mise en œuvre doit intervenir au moment opportun, dans le respect des cadres juridiques et en fonction des capacités de financement», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de préserver la stabilité monétaire.




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