Quel toupet ! Le secrétaire général du Hezbollah ose encore parler et menacer : pas de négociations avec Israël. La « résistance » comme si de rien n’était. Comme si le Liban n’avait pas été saigné et humilié. Comme si des centaines de milliers de Libanais n’avaient pas tout perdu à cause d’une guerre dans laquelle ce monsieur et ses maîtres iraniens ont jeté le pays.
La réalité est sordide. Car ce que le secrétaire général appelle « résistance », c’est l’exécution fidèle et docile d’ordres venus de Téhéran. Même le président du parlement iranien l’a dit: « le Hezbollah est entré dans la guerre pour l’Iran ». Phrase sans honte et sans pudeur. Un aveu qui aurait dû provoquer un séisme politique. Silence gêné de la milice illégale? Pensez-vous. Le chef de la milice poursuit ses menaces. Il ose même brandir l’argument du consensus national. Pas de négociations sans consensus, dit-il. Beau principe. Le summum de l’hypocrisie.
Pour le président de la République, c’est la goutte qui fait déborder le vase, plein depuis bien longtemps. En phrases cinglantes et claires, Joseph Aoun a répondu à cette saillie surréaliste. « Où était ce consensus national le jour où certains ont décidé, seuls, d’ouvrir un front contre Israël ? Où était la concertation ? » Nulle part.
Le chef de l’État a le mérite de le dire encore plus clairement : « la vraie trahison n’est pas de vouloir négocier pour récupérer des terres perdues. La vraie trahison, c’est d’avoir entraîné le pays dans une guerre au service d’intérêts étrangers ». C’est d’avoir confondu le destin d’un peuple avec les calculs d’un régime qui se bat jusqu’au dernier Libanais.
Le Hezbollah réclame aujourd’hui un consensus pour négocier la paix. Il n’en a voulu aucun pour déclencher la guerre. Cette asymétrie-là n’est pas une position politique. C’est une imposture. Une imposture à plusieurs milliards de dollars de pertes. Mais, bien entendu, la facture, c’est pour les autres. Pour les Libanais, témoins impuissants de la destruction inutile du pays.
Et ce sont les mêmes qui se permettent aujourd’hui de donner des leçons de légitimité nationale.
La trahison, selon eux, c’est de vouloir négocier pour récupérer une partie du Sud du Liban perdue de leur fait. Mais entraîner un pays dans une guerre sans lui demander son avis, ça, ce n’est pas une trahison. C’est de la résistance. Ben voyons !
Un dictionnaire persan-arabe-réalité, d’urgence s’il vous plaît !




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