La hausse des prix du pétrole avec la perspective d'un blocus américain prolongé contre l'Iran a jeté un froid sur les marchés mondiaux mercredi, en pleine saison des résultats d'entreprises.
«Le sentiment se détériore mercredi alors que les marchés digèrent une nouvelle hausse des prix du pétrole», commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Vers 16H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, grimpait de 6,07% à 118,01 dollars. Son équivalent américain, le WTI américain, gagnait 5,56% à 105,49 dollars.
Donald Trump a évoqué la possibilité d'un blocus contre l'Iran se prolongeant «pendant plusieurs mois» pendant une réunion mardi avec des dirigeants du secteur pétrolier, a indiqué mercredi un haut responsable de la Maison Blanche.
Les cours du brut avaient déjà grimpé à la suite de la publication mercredi d'un article du Wall Street Journal (WSJ) selon lequel le président américain a demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocus prolongé de l'Iran dans le but de contraindre Téhéran à une capitulation sur le dossier du nucléaire iranien.
«Tous ceux qui espéraient la fin du blocus cette semaine ont été fortement déçus», souligne Mme Brooks. «Les marchés financiers doivent désormais intégrer la perspective d’un blocus durable».
Pour l'analyste, «il s'agit d'une nouvelle phase de la guerre en Iran, et les prix du pétrole pourraient revenir vers les sommets de mars autour de 120 dollars le baril pour le Brent».
Le passage stratégique d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, reste ainsi un enjeu majeur du conflit.
L'annonce du retrait des Emirats arabes unis de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, à partir du 1er mai a par ailleurs compliqué la donne sur le marché du pétrole, en plus des tensions sur l'offre.
Pour les analystes énergie Helge André Martinsen et Tobias Ingebrigtsen de DNB, cette décision «constitue la plus grande menace existentielle du cartel depuis sa création en 1960»
Les Bourses mondiales digèrent les résultats
«D'un côté, le conflit au Proche-Orient exerce, via les prix de l'énergie, une pression sur l'économie, sur l'inflation et donc sur la politique monétaire des grandes banques centrales», explique Andreas Lipkow pour CMC Markets. «De l'autre, de nombreux chiffres d'entreprises réservent de bonnes surprises et parviennent à braver les sombres perspectives conjoncturelles».
Dans ce contexte ambivalent, les Bourses européennes ont terminé en repli: la Bourse de Paris a terminé sur un recul de 0,39%, Londres a perdu 1,16% et Milan 0,51%.
La Bourse de Francfort a cédé 0,27%, malgré la performance du titre Adidas (+8,35%) et Thyssenkrupp (+9,86%).
Le spécialiste du textile sportif a publié des résultats trimestriels meilleurs qu'attendu, portés par de fortes ventes dans un environnement très volatil, et anticipe un deuxième trimestre soutenu par le début de la Coupe du monde de football, source de forte visibilité.
Le conglomérat industriel Thyssenkrupp s'apprête quant à lui à tirer un profit substantiel du projet de rachat du fabricant d'ascenseurs TK Elevator (TKE) par le finlandais Kone pour 29,4 milliards de dollars. La participation de Thyssenkrupp dans cette activité cédée en 2020 s’élève à environ 16%, selon des informations données en décembre.
À Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,71%, le Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 0,12% et l'indice élargi S&P 500 de 0,20% avant les résultats trimestriels d'Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta à la clôture de la séance.
«Les résultats de ce soir constitueront un moment décisif pour le thème de l'IA», souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Mardi, les valeurs technologiques avaient reculé après la publication d'un article du Wall Street Journal affirmant qu'Open AI (créateur de ChatGPT, non encore cotée en Bourse) n'arrivait pas à atteindre ses objectifs.
OpenAI se trouve en effet «au centre d'un écosystème de l'IA pesant plusieurs centaines de milliards de dollars et regroupant les plus grands noms mondiaux, parmi les mieux valorisés», souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
AFP



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