Les cours du pétrole sont en hausse mercredi, le marché attendant désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, ce qui éclipse, pour l’instant, l’effet sur les prix du départ des Émirats arabes unis de l’Opep.
Selon un article du Wall Street Journal publié mercredi, Donald Trump a demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran dans le but de contraindre Téhéran à une capitulation sur le dossier du nucléaire iranien.
Mais «si les États-Unis maintiennent un blocus contre l’Iran, le blocus de l’Iran sur le détroit d’Ormuz devrait lui aussi se poursuivre», affirme Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
«Le marché est de plus en plus convaincu qu’il n’y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz», ajoute l’analyste.
Or, tant que ce passage stratégique pour le commerce d’hydrocarbures reste fermé, une grande partie des exportations pétrolières des pays du Golfe n’atteindra pas le marché.
Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 2,95% à 114,54 dollars, son plus haut niveau depuis que le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est en place.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 3,48% à 103,41 dollars.
Cette hausse des prix masque en partie le choc du départ des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Son impact sur le marché reste limité tant que la guerre au Moyen-Orient bloque les exportations des pays du Golfe, mais à plus long terme, ce sera un événement majeur pour le secteur pétrolier.
Avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis sont «l’un des rares membres à disposer d’une capacité de réserve significative, le mécanisme par lequel l’OPEP exerce son influence sur le marché et réagit aux chocs», explique Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.
Les Émirats arabes unis pourraient désormais augmenter leur production à un niveau proche de leur pleine capacité, ce qui ajouterait assez rapidement environ «1 million de barils par jour (soit 1% de la demande mondiale de pétrole), pour atteindre un total avoisinant les 4,5 millions de barils par jour» de production, estime David Oxley, économiste chez Capital Economics.
AFP


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