Le président Joseph Aoun a condamné samedi toute atteinte aux chefs spirituels au Liban, après une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux contre le patriarche maronite Béchara Raï, provoquant un tollé.
«Porter atteinte aux chefs des communautés chrétiennes et musulmanes ainsi qu’aux autorités spirituelles au Liban est un acte condamné et rejeté, compte tenu des valeurs que représentent les dirigeants spirituels, lesquelles dépassent le cadre religieux pour toucher à la dimension nationale», a affirmé M. Aoun sur X.
«Il incombe donc à tous de ne pas porter atteinte à ces valeurs qui incarnent l’unité du Liban et de son peuple, d’autant plus que les lois en vigueur interdisent de telles atteintes et sanctionnent leurs auteurs», a-t-il ajouté.
Le chef de l’État a appelé à «maintenir les divergences d’opinion dans leur cadre politique et à s’élever au-dessus des attaques personnelles, compte tenu des répercussions négatives de telles pratiques, en particulier dans les circonstances actuelles que traverse le pays».
Des images jugées offensantes visant le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, ont largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation au Liban. Selon des informations locales, la campagne dépasse le simple cadre de la liberté d’expression et a conduit des sources responsables à demander aux autorités judiciaires et sécuritaires d’ouvrir une enquête urgente afin d’identifier les auteurs de ces contenus.
Nabih Berri met en garde contre la « dérive vers la discorde »
Le président du Parlement, Nabih Berry, a également condamné les campagnes d’insultes visant les symboles religieux et nationaux, dénonçant leur diffusion dans les médias et sur les plateformes numériques.
Il a appelé les Libanais à faire preuve de vigilance face aux risques de «discorde», rappelant que les divisions internes ne servent que les intérêts des ennemis du pays.
Dans son communiqué, il a évoqué plusieurs épisodes de tensions et de destructions sur le terrain, appelant les autorités judiciaires à agir rapidement contre toute atteinte à la dignité des religions et des messages spirituels.
Nawaf Salam appelle à rejeter les discours de haine
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a pour sa part rappelé qu’il avait toujours mis en garde contre les dérives verbales incluant insultes, accusations et harcèlement.
Il a exhorté les citoyens à faire preuve de responsabilité et à rejeter tout discours de haine, appelant à ne pas laisser ces tensions alimenter des divisions susceptibles de déstabiliser le pays.



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