Barrot: «hors de question» de lever «la moindre sanction» tant qu'Ormuz est bloqué
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, prend la parole lors de la 11e Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. ©Angela Weiss / AFP

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a écarté jeudi la possibilité de lever «la moindre sanction» internationale contre l'Iran tant que le détroit d'Ormuz reste bloqué.

«L'Iran, ou en tout cas le régime iranien, sollicite de la part des États-Unis notamment qu'en contrepartie de gestes sur le programme nucléaire qui doit être encadré (...), des levées de sanctions puissent être décidées».

«Mais il est hors de question que la moindre sanction puisse être levée tant qu'un détroit comme celui d'Ormuz sera bloqué», a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio française RTL.

Il a martelé qu'un détroit était «un bien commun de l'humanité».

«Il ne peut être en aucun cas bloqué, ni faire l'objet de péages, ni même faire l'objet de chantage», a-t-il souligné.

Le ministre a par ailleurs répété qu'il ne pouvait y avoir de solution politique durable au Proche et au Moyen-Orient «tant que le régime iranien ne se sera pas résolu à des concessions majeures, à un changement radical de posture permettant à l'Iran de vivre de manière pacifique dans son environnement régional».

Le président américain Donald Trump a jugé mercredi «très possible» un accord de paix avec l'Iran.

Et le site d'information en ligne américain Axios, proche de la Maison Blanche, a pour sa part indiqué que «deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier» faisaient état «d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées».

«L'accord verrait l'Iran s'engager à un moratoire sur l'enrichissement nucléaire, les États-Unis accepter de lever leurs sanctions et de débloquer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés, et les deux parties lever les restrictions entourant le transit par le détroit d'Ormuz», affirme le site.

La République islamique iranienne est sous le joug de lourdes sanctions internationales.

Les Européens avaient rétabli les leurs en septembre dernier faute de trouver un accord encadrant strictement le programme nucléaire iranien.

Les Occidentaux soupçonnent l'Iran -- qui dispose d'un stock de 440 kilos d'uranium hautement enrichi à 60% et d'une grande quantité d'uranium enrichi à 20% -- de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours nié.

Un tel niveau d'enrichissement n'est pas compatible avec un développement de programme nucléaire à des fins civiles, selon les experts.

AFP

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