Les autorités françaises poussent le gouvernement libanais à annoncer officiellement sa volonté de maintenir une présence internationale au Liban-Sud, et ce à l’expiration du mandat de la Finul à la fin de l’année en cours.
Le président français Emmanuel Macron a insisté sur ce point lors de la récente visite du Premier ministre Nawaf Salam à Paris, ainsi qu’au cours de la visite d’une délégation de l’Élysée à Beyrouth ces derniers jours et de sa rencontre avec de hauts responsables libanais.
Selon certaines informations, le gouvernement libanais élabore déjà ladite déclaration, d’autant que la période restante jusqu’à la fin de l’année est considérée comme cruciale pour parvenir à une décision de ce type au sein de la communauté internationale. Le Liban aurait également informé les pays concernés que son calendrier de négociations avec Israël vise à aboutir à un accord d’ici la fin de l’année. Il est donc jugé nécessaire d’inclure toute force internationale présente au Liban-Sud dans les arrangements sécuritaires qui seraient conclus entre Beyrouth et Tel-Aviv.
Selon ces mêmes informations, plusieurs options sont actuellement proposées au Liban. Elles vont du renforcement du groupe d’observateurs de la trêve déjà présent dans le sud du pays conformément à l’accord d’armistice de 1949, à la création d’une nouvelle force onusienne sur la base d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité, ou encore à la formation d’une force multinationale en vertu d’une décision internationale.
Par ailleurs, selon des sources françaises, en vertu de la résolution ayant prorogé le mandat de la Finul une dernière fois jusqu’à fin 2026, les forces internationales resteront présentes au Liban-Sud jusqu’à fin 2027. Le texte prévoit en effet une dernière prorogation jusqu’au 31 décembre 2026, suivie d’un retrait progressif et sécurisé sur une période ne dépassant pas un an. Cette période transitoire vise à éviter que le Liban-Sud ne se retrouve totalement privé de présence internationale, même réduite, jusqu’à disparition complète si aucun accord n’est mis en place pour permettre le maintien d’une couverture internationale.
Cette démarche nécessite non seulement des efforts français, mais également une mobilisation plus large de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, qui sont appelés à ne pas s’opposer à cette orientation et à imposer à Israël son acceptation dans le cadre d’un éventuel accord avec le Liban. L’État libanais est également censé imposer cette présence internationale à toute partie qui tenterait de s’y opposer, notamment le Hezbollah, s’il parvient d’ici là à conserver son arsenal.
Selon les sources françaises, Paris est le scribe de toute résolution qui pourrait être adoptée dans ce cadre, notamment au Conseil de sécurité, et qu’il sera chargé de rédiger tout projet de résolution relatif à ce dossier. Toutefois, la France redoute un échec des négociations entre le Liban et Israël ainsi qu’un départ de la Finul sur fond d’escalade militaire, ce qui laisserait le sud sans aucune présence internationale, même limitée à des missions d’observation et de recensement des activités militaires. Une telle présence a pourtant constitué, au fil des conflits de 1982, 1993, 1996, 2006 et depuis 2023 jusqu’à aujourd’hui, un canal de communication entre les parties libanaise et israélienne.
Enfin, malgré les déclarations faisant état d’une coordination entre Paris et Washington, les sources françaises affirment ne pas avoir perçu de véritable enthousiasme américain sur la question. Les États-Unis chercheraient avant tout à parvenir à un traité de paix entre le Liban et Israël, et souhaitent que l’armée libanaise soit l’unique force armée déployée dans le sud et chargée de sécuriser la frontière avec Israël. Partant, Washington privilégie l’attente des propositions israéliennes lors des négociations à venir concernant les arrangements sécuritaires, leur définition ainsi que la participation des parties libanaise et internationale.




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