D’après des informations en provenance de Washington, la délégation libanaise, conduite par l’ambassadeur Simon Karam, ne s’attend pas à une percée significative lors des sessions de négociation prévues jeudi et vendredi, et ce malgré les intentions jugées globalement favorables au Liban et une volonté affichée d’accentuer la pression sur Israël, sous réserve que Beyrouth mette en œuvre des mesures concrètes et efficaces en matière de désarmement du Hezbollah.
Il ressort également de ces mêmes informations que les parties américaine et israélienne observent avec prudence la volonté libanaise de revenir au plan d’action élaboré par l’armée pour le désarmement, mis en place à la suite du cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Ce plan est d’ailleurs considéré par Tel-Aviv comme peu efficace. La délégation israélienne présente, à cet égard, un rapport détaillé évoquant, selon elle, des défaillances libanaises dans la gestion de la situation au sud du Litani, après l’annonce par le gouvernement libanais de l’achèvement de l’opération de désarmement dans cette zone.
Par ailleurs, aucune mesure israélienne ne serait envisagée sans contrepartie, pas plus qu’aucune mesure libanaise ne serait acceptée sans engagement réciproque. La question de la synchronisation des étapes entre les deux parties est désormais au centre des discussions.
Selon les sources américaines, cette notion de synchronisation avait déjà été évoquée par la partie libanaise lors des réunions du mécanisme et aurait alors reçu l’aval des parties américaine et israélienne.
Si cette approche venait à être confirmée dans le cadre des négociations à Washington, elle impliquerait des engagements sérieux et réciproques des deux côtés, dans un contexte où les précédents engagements de la partie concernée sont jugés peu concluants. La question posée aujourd’hui est donc de savoir si le gouvernement libanais est en mesure d’honorer ses engagements autour de la table des négociations.
Côté libanais, aucune réponse tranchée n’apparaît à cette interrogation, la priorité restant, selon ces mêmes éléments, l’obtention d’un cessez-le-feu.
Toujours selon ces informations, l’escalade israélienne actuelle s’inscrirait entre deux scénarios: soit une pression visant à anticiper un accord israélien sur un cessez-le-feu global, soit une stratégie destinée à imposer une nouvelle réalité, offrant à Israël davantage de leviers de pression sur le Liban.




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