Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a signé, vendredi, au port de Tripoli, les documents de l’appel d’offres relatifs au projet de modernisation et de réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant Tripoli à la région d’Abboudiyé, à la frontière libano-syrienne.
Cette initiative vise à renforcer le rôle du port comme hub logistique régional et à offrir une alternative compétitive pour le transport de marchandises et de passagers.
Le ministre a souligné l’importance de réactiver les projets ferroviaires au Liban, estimant qu’ils constituent un levier essentiel pour soutenir l’économie nationale et améliorer les infrastructures de transport.
Un projet relancé après des décennies d’arrêt
Fayez Rassamny a expliqué que l’idée de relancer la ligne ferroviaire entre Tripoli et Abboudiyé est née d’une coopération entre la direction des chemins de fer et des transports publics et la direction du port de Tripoli.
Il a révélé qu’un protocole de coopération avait été signé il y a plusieurs mois entre les deux parties et qu’une étude était actuellement en cours afin de moderniser le cahier des charges du projet.
Le ministre a rappelé que la ligne ferroviaire reliant Tripoli à Abboudiyé est à l’arrêt depuis 1975, précisant que le gouvernement travaille aujourd’hui à réactiver plusieurs projets et études datant des années 1960 et 1970.
Le nord du Liban au cœur des projets stratégiques
Selon le ministre, les évolutions géopolitiques et économiques dans la région renforcent l’importance stratégique du nord du Liban.
«Le devoir de l’État libanais est de créer des opportunités commerciales capables de générer des emplois et de favoriser la prospérité économique des régions», a-t-il déclaré.
Il a également évoqué plusieurs projets actuellement en développement dans le nord du pays, notamment la réhabilitation de la Foire internationale Rachid Karamé, la zone économique spéciale de Tripoli ainsi que le projet de modernisation de l’aéroport René Moawad de Kléaite.
Relier le Liban aux réseaux régionaux
Fayez Rassamny a insisté sur la nécessité de connecter le Liban aux grands projets régionaux de transport ferroviaire.
Il a indiqué que le Liban participe aux réunions régionales consacrées à l’interconnexion ferroviaire entre la Syrie, la Turquie, la Jordanie et l’Arabie saoudite, affirmant que Beyrouth cherche à intégrer les futurs projets liés à la reconstruction et au développement économique régional.
Le ministre a estimé que la présence du port de Tripoli, de la zone économique libre et de l’aéroport rendait «naturel» le développement d’une ligne ferroviaire reliant le port à la profondeur syrienne.
Partenariat public-privé et investissements
Le ministre a par ailleurs révélé que le Conseil des ministres et le Conseil supérieur de la privatisation ont récemment approuvé trois projets majeurs, parmi lesquels figure la privatisation de la gestion des aéroports.
Selon lui, l’État ne dispose pas des capacités financières suffisantes pour gérer seul les infrastructures publiques, d’où l’importance de renforcer les partenariats entre les secteurs public et privé.
Il a ajouté que tout futur projet sera désormais évalué selon des critères de rentabilité économique afin d’attirer les investisseurs.
Une étude attendue dans six mois
Fayez Rassamny a précisé que l’étude technique et économique du projet ferroviaire devrait être finalisée dans un délai de six mois.
Il a affirmé que la viabilité économique du projet apparaît déjà évidente, aussi bien pour le transport de marchandises que pour le transport de passagers, se disant convaincu que le Nord et le Akkar sont appelés à connaître une importante phase de croissance économique.
La sécurité, condition essentielle des investissements
Le ministre a enfin souligné que la stabilité sécuritaire demeure indispensable à la réussite de tout projet économique.
Il a assuré que le gouvernement et le président de la République poursuivent leurs efforts pour mettre fin à la guerre et permettre le retour des déplacés dans leurs régions.
Il a également indiqué que la Direction des chemins de fer possède environ dix millions de mètres carrés de terrains et que des mesures sont en cours, en coordination avec la justice et les services de sécurité, afin d’éliminer les empiètements sur ces propriétés le long du tracé entre Tripoli et Abboudiyé.



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