Le Hezbollah dénonce l’accord libano-israélien du 17 mai 1983
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À l’occasion du 43ᵉ anniversaire de l’accord du 17 mai 1983 entre le Liban et Israël, le Hezbollah a publié un communiqué dénonçant toute perspective d’accord de paix avec l’État hébreu et accusant les autorités libanaises d’emprunter «un chemin de concessions» au détriment de la souveraineté du pays.

Le mouvement a estimé que la commémoration de cet accord intervenait dans un contexte régional «extrêmement dangereux», marqué selon lui par «l’agression américano-israélienne croissante» contre la région et le Liban, ainsi que par «la poursuite de l’occupation de notre terre» et des attaques israéliennes dans le sud du pays.

Le Hezbollah a également dénoncé «les tentatives de reproduire quelque chose de plus dangereux et déviant encore que l’accord du 17 mai», à travers «les discussions autour d’un accord de paix “complet et global” entre les autorités libanaises et l’entité sioniste».

Selon le parti, une telle orientation reviendrait à traiter Israël «comme une entité pacifique reconnue», ce qui constituerait, selon lui, «une violation claire et flagrante de la Constitution libanaise et des lois», ainsi qu’un reniement de «l’histoire du Liban, de sa culture et des sacrifices de son peuple».

Critiques contre les autorités libanaises

Le Hezbollah appelle les autorités libanaises «à ne pas aller trop loin dans des choix déviants avec l’ennemi», estimant que cette orientation pourrait avoir «de graves répercussions sur la stabilité du Liban, en tant qu’État et société».

Le mouvement demande également au pouvoir de «mettre fin à la série de concessions gratuites» et au «scénario de renoncement aux droits et à la dignité de la patrie».

Dans une critique directe de la politique adoptée depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, le Hezbollah s’interroge: «Qu’a obtenu le Liban de ce parcours, sinon davantage de pressions, de concessions, d’agressions et de destructions?»

Le parti critique notamment les décisions prises les 5 et 7 août, «l’acceptation de la participation d’un civil au mécanisme» ainsi que «le passage aux négociations directes».

Selon lui, Israël répond après chaque cycle de négociations «par une intensification de ses agressions, l’élargissement de ses attaques contre les villages et localités libanaises, la poursuite des assassinats et la violation de la souveraineté libanaise».

Rejet des «pressions étrangères»

Dans son communiqué, le Hezbollah affirme rejeter «toutes les injonctions, pressions et tutelles étrangères américaines ou autres» qui chercheraient à imposer au Liban «une voie et un destin portant atteinte à sa souveraineté, son indépendance et sa dignité».

Le mouvement considère par ailleurs que les négociations directes avec Israël «servent à renforcer et accroître les acquis israéliens aux dépens du Liban et de son peuple».

Le parti accuse également Israël de nourrir des ambitions permanentes sur le territoire libanais, ses eaux et ses ressources naturelles, évoquant «les projets coloniaux» régulièrement évoqués par les dirigeants israéliens.

«L’occupation ne se stabilisera jamais»

Le Hezbollah appelle enfin les autorités à coopérer «dans le cadre d’un consensus national» afin d’obtenir «le retrait complet de l’ennemi de l’ensemble du territoire libanais», «l’arrêt total de l’agression», la libération des prisonniers ainsi que «le retour immédiat et digne» des habitants déplacés vers leurs villages.

Le mouvement réclame également une reconstruction «sans restrictions, conditions ni obstacles».

Dans la conclusion de son communiqué, le Hezbollah affirme que «l’occupation sioniste ne se stabilisera jamais sur notre terre tant que cette résistance, ses combattants héroïques et son peuple sacrifié resteront présents».

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