Les commissions parlementaires conjointes libanaises ont approuvé lundi la proposition de loi d’amnistie générale débattue depuis longtemps.
Le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué une séance législative plénière jeudi 21 mai afin d’examiner le texte amendé.
Selon les modifications adoptées, les condamnations à mort seraient commuées en 28 ans de détention, les peines de prison à perpétuité réduites à 18 ans, tandis que les détenus maintenus en prison sans procès pourraient bénéficier de la loi après 14 ans de détention. Certaines peines seraient également réduites d’un tiers.
L’amnistie concernerait les consommateurs de drogue et les trafiquants non organisés, tandis que le trafic organisé et le commerce de drogue à grande échelle resteraient exclus. Les bénéficiaires ne pourraient toutefois être amnistiés que si les victimes et leurs familles renoncent à leurs poursuites.
Exilés en Israël et détenus islamistes
L’un des aspects les plus controversés de la proposition concerne les Libanais ayant fui vers Israël après le retrait israélien du sud du Liban en 2000. Beaucoup étaient affiliés à l’ancienne Armée du Liban Sud (ALS), qui avait coopéré avec Israël durant l’occupation du Sud.
La question demeure extrêmement sensible au Liban, notamment pour le Hezbollah, dont les responsables continuent de qualifier les anciens membres de l’ALS et les exilés en Israël de «collaborateurs».
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a fermement rejeté toute possibilité d’amnistie pour les exilés libanais.
Un autre point sensible du texte concerne les détenus islamistes, particulièrement dans des régions à majorité sunnite comme Tripoli, Beyrouth, Saïda et certaines parties de la Békaa. Leurs familles dénoncent depuis des années la longueur des détentions, les retards judiciaires et les conditions carcérales.
Les partisans du projet estiment que la surpopulation carcérale et les lenteurs judiciaires nécessitent une intervention urgente.
Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a déclaré que certains détenus avaient déjà passé plus de temps en prison que les peines finalement prononcées à leur encontre.
«La situation humanitaire dans les prisons est devenue insupportable», a-t-il affirmé, ajoutant que l’objectif était d’aboutir à une loi «qui rende justice à tous».



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