Laetitia Aoun poursuit sa route au plus haut niveau. La championne libanaise s’est qualifiée pour les Jeux asiatiques 2026, prévus à Aichi-Nagoya, au Japon, après avoir atteint les quarts de finale des Championnats d’Asie disputés à Oulan-Bator, en Mongolie, dans la catégorie des moins de 57 kg. Une nouvelle étape forte pour l’une des grandes figures du sport libanais.
Laetitia Aoun ne lâche pas la garde. Moins de deux ans après avoir frôlé le podium olympique à Paris, la taekwondoïste libanaise a validé son billet pour les prochains Jeux asiatiques, prévus au Japon du 19 septembre au 4 octobre 2026. En atteignant les quarts de finale des Championnats d’Asie à Oulan-Bator, dans la catégorie des moins de 57 kg, elle a assuré sa place dans l’un des grands rendez-vous continentaux du calendrier.
Ce n’est pas une simple qualification. C’est une confirmation. Dans une discipline où chaque combat se joue sur un appui, une touche, une distance ou une pénalité évitée, Aoun continue de tenir son rang dans le peloton des meilleures compétitrices asiatiques. Et en taekwondo, l’Asie n’est pas un continent comme les autres: c’est l’un des cœurs historiques et techniques de la discipline.
Le taekwondo, l’art du timing
Pour les non-initiés, le taekwondo est un art martial coréen devenu sport olympique. Son nom renvoie au pied, au poing et à la voie. Sur le tapis, cela donne une discipline de vitesse, de précision et de lecture tactique.
En combat, les athlètes marquent avec des coups de pied et des coups de poing autorisés, essentiellement au plastron et à la tête, avec protections électroniques et scoring automatisé. Mais frapper ne suffit pas. Il faut déclencher juste, surprendre, gérer la distance, provoquer l’erreur, puis sortir avant la riposte. Le taekwondo moderne ressemble à une partie d’échecs en mouvement, jouée avec les jambes, les nerfs et le chronomètre.
Dans la catégorie des moins de 57 kg, celle de Laetitia Aoun, le tempo est souvent explosif. Les combattantes y combinent vitesse, allonge, mobilité et science du contre. Un monde où l’on ne survit pas longtemps sans sang-froid.
Cap maintenu
« La grande blonde à la ceinture noire » n’arrive pas à cette qualification par hasard. Plusieurs fois championne du Liban, médaillée internationale et figure majeure du taekwondo libanais depuis ses jeunes années, Laetitia Aoun a changé de statut à Paris 2024.
Au Grand Palais, elle avait porté très haut les couleurs libanaises, jusqu’au combat pour la médaille de bronze. Cinquième des Jeux, au pied du podium olympique, elle avait quitté Paris sans médaille, mais avec une stature nouvelle: celle d’une athlète capable de tenir tête aux meilleures sur la plus grande scène du sport mondial.
Cette qualification pour les Jeux asiatiques s’inscrit dans cette continuité. Après l’émotion olympique, il fallait remettre le casque, reprendre les déplacements, repartir en camp d’entraînement, retrouver les tableaux relevés et les combats couperets. Aoun l’a fait.
Un billet validé en Mongolie
À Oulan-Bator, Laetitia Aoun était encadrée par le Grand Master Elie Elia, qui l’a accompagnée dans cette échéance continentale. Avant la compétition, la championne libanaise avait également effectué un camp d’entraînement en Turquie, étape importante dans sa préparation.
Après la qualification, le président de la Fédération libanaise de taekwondo, Habib Zarifeh, a félicité Aoun et Elia au nom de la famille du taekwondo libanais. La fédération doit désormais mettre en place un plan de préparation spécifique en vue des Jeux asiatiques.
Car c’est aussi cela, le relief de cette performance. Le sport libanais avance avec des moyens limités, des calendriers perturbés et une actualité qui écrase souvent tout le reste. Dans ce contexte, chaque qualification internationale ressemble à une victoire contre l’usure.
Cap sur Aichi-Nagoya
Pour Laetitia Aoun, les Jeux asiatiques ne sont pas une terre inconnue. Elle y avait déjà remporté le bronze en 2018 à Jakarta, une médaille qui avait marqué son entrée dans une autre dimension. Huit ans plus tard, la voilà de nouveau en route vers ce rendez-vous continental majeur, cette fois au Japon, avec davantage d’expérience, un vécu olympique et une stature plus affirmée.
Le défi sera immense. Les Jeux asiatiques réunissent certaines des nations les plus fortes du taekwondo mondial. Mais Aoun connaît désormais les grandes scènes. Elle sait ce que coûte un round de haut niveau, ce que pèse un combat couperet, ce que signifie défendre un drapeau quand les marges sont minuscules.
Laetitia Aoun ne ramène pas une médaille de Mongolie. Elle ramène un billet, et parfois un billet vaut déjà une promesse. Celle d’un Liban sportif qui refuse de sortir du cadre. Au Japon, en 2026, elle aura une nouvelle scène. Et le Liban, une nouvelle raison de retenir son souffle.

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