Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra lundi après-midi une réunion d'urgence demandée par la France après que l'armée israélienne s'est emparée de l'emblématique forteresse médiévale de Beaufort au Liban, ont annoncé dimanche des sources diplomatiques à l'AFP.
Cette réunion aura lieu immédiatement après une autre réunion d'urgence demandée par la Roumanie après la chute d'un drone sur un immeuble à Galati, qui est programmée à 15H00 (19H00 GMT), ont précisé ces sources.
Quelques heures plus tôt, cette demande de la France avait été annoncée par le ministre français des Affaires étrangères.
«J’ai demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies parce que si nous reconnaissons le droit d’Israël, comme de tous pays, à la légitime défense, à se défendre contre les attaques du Hezbollah (...), rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais», a déclaré Jean-Noël Barrot sur la chaîne BFMTV.
«Il s’agit là pour Israël d’une faute majeure car (…) cette avancée sur le territoire libanais est non seulement contraire aux engagements d’Israël, puisque depuis le 17 avril, nous avons un cessez-le-feu au Liban, c’est contraire au droit international mais c’est aussi contraire aux intérêts et à la sécurité d’Israël», a-t-il ajouté.
«Car chaque village bombardé, chaque village occupé, chaque civil qui est tué renforce le Hezbollah», a-t-il souligné.
Le chef de la diplomatie française a en outre estimé que la poursuite des opérations contre le Hezbollah, pro-iranien, «fragilisent aussi» le potentiel accord entre les États-Unis et l’Iran, «qui prévoit une cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban».
S’agissant de la négociation d’un accord sur le programme nucléaire iranien entre Washington et Téhéran, Jean-Noël Barrot a mis en garde contre des propos qui ne seraient pas suivis d’actes, alors que le président américain Donald Trump affirme avoir reçu de l’Iran l’engagement à ne pas se doter de l’arme nucléaire.
Par le passé, «l’Iran a déjà dit qu’il ne se doterait pas de l’arme nucléaire», a souligné le ministre. «Mais il y a les mots et puis ensuite il y a les engagements».
Il a rappelé qu’un accord avait été «négocié âprement» il y a plus de 10 ans avec l’Iran sur l’encadrement de son programme nucléaire et que les Occidentaux avaient obtenu «un recul vérifié, significatif des capacités nucléaires iraniennes».
«Donc c’est possible, mais à nouveau, ça suppose d’aller au-delà des grandes déclarations de principe et de rentrer dans les détails», a-t-il ajouté, citant notamment les limites fixées aux activités liées au programme nucléaire et les conditions de vérification.
AFP



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