Cessez-le-feu au Liban: l’initiative américaine dans l’impasse, Israël pousse à l’escalade
De la fumée s’élève après des bombardements israéliens dans le sud du Liban, vus depuis une position située de l’autre côté de la frontière, en Haute-Galilée, dans le nord d’Israël, le 31 mai 2026. ©ALAA MAREY / AFP

Selon le média américain Axios, la dernière initiative américaine visant à obtenir un cessez-le-feu au Liban s’est essoufflée alors même qu’Israël élargit son offensive terrestre et cherche à obtenir l’aval de Washington pour mener des frappes de grande ampleur contre des cibles du Hezbollah à Beyrouth.

Le média rapporte que les États-Unis ont, ces dernières semaines, exhorté Israël à éviter de frapper la capitale libanaise dans le cadre d’un effort plus large de désescalade. Toutefois, un responsable américain a laissé entendre que cette position pourrait évoluer. «Les États-Unis ne s’attendent pas à ce qu’Israël continue de subir des attaques contre ses civils de la part d’une organisation terroriste», a-t-il déclaré à Axios.

Rubio en contact avec Aoun et Netanyahou

Selon l’AFP, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est entretenu avec le président  Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à propos des négociations en cours, a indiqué dimanche soir un responsable américain, affirmant que c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier.

«Afin de faire avancer ces pourparlers, les États-Unis ont proposé un plan clair: le Hezbollah doit mettre fin à toutes ses attaques contre Israël. En contrepartie, Israël s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth», a déclaré ce responsable sous couvert de l'anonymat, faisant part des conversations entre dirigeants.

Le Premier ministre israélien a annoncé dimanche vouloir intensifier son offensive contre le Hezbollah au Liban, tandis que la France a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Selon le responsable américain, le président libanais a tenté de faire avancer cette solution mais «la réponse du président de l'Assemblée nationale Nabih Berry a été évasive et décevante». 

Le Hezbollah exige lui qu'Israël cesse les hostilités en premier.

Selon Washington, «le Hezbollah suit les directives de Téhéran. Il n'a manifestement aucun intérêt pour le bien-être du peuple libanais».

«Le moyen le plus rapide d'apaiser la situation et de protéger les civils de tous bords est que le Hezbollah cesse immédiatement les tirs», a dit le responsable.

Selon un responsable américain cité par Axios, Joseph Aoun aurait soutenu cette initiative et demandé au président du Parlement, Nabih Berry, d’exercer des pressions sur le Hezbollah afin qu’il cesse ses attaques contre Israël.

Le même responsable a affirmé que le chef du Parlement, Nabih Berry, avait donné une réponse «évasive et décevante», estimant qu’Israël devait cesser le feu en premier.

Une initiative liée aux discussions avec l’Iran

Selon Axios, les efforts de l’administration Trump pour réduire les tensions au Liban sont en partie motivés par sa volonté de parvenir à un accord avec l’Iran. Le protocole d’accord actuellement négocié entre Washington et Téhéran comprendrait notamment un volet portant sur l’arrêt des combats au Liban.

Mais, à ce stade, le conflit continue de s’étendre et semble se diriger vers une nouvelle escalade.

Des cessez-le-feu largement théoriques

 

Axios rappelle que Donald Trump et Marco Rubio ont annoncé plusieurs cessez-le-feu entre Israël et le Liban au cours des deux derniers mois, mais que ceux-ci sont restés largement théoriques, les deux parties s’accusant mutuellement de violations.

Cette nouvelle initiative intervient alors que les négociations entre Israël et le Liban se poursuivent sans avancée majeure.

Vendredi, des officiers militaires israéliens et libanais se sont réunis au Pentagone pour discuter d’un éventuel cessez-le-feu, du retrait des forces israéliennes, du désarmement du Hezbollah et du déploiement de l’armée libanaise dans le sud du Liban.

Une nouvelle série de discussions entre diplomates israéliens et libanais est également attendue mardi au département d’État américain.

Israël veut étendre ses opérations

Selon Axios, le Hezbollah a commencé à lancer des missiles et des drones contre Israël après le déclenchement de la guerre entre Israël et son allié iranien et après l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei.

L’armée israélienne a répliqué par des frappes aériennes et une offensive terrestre dans le sud du Liban, qui s’est progressivement transformée en une vaste occupation, tandis que le Hezbollah a étendu la portée de ses attaques de missiles et de drones contre Israël.

Le média américain rapporte également qu’Israël a élargi son opération terrestre ces derniers jours et demandé à l’administration Trump l’autorisation de mener d’importantes frappes à Beyrouth. Des responsables israéliens cités par Axios indiquent que Donald Trump avait jusqu’ici insisté pour que seules des frappes «chirurgicales» soient menées.

Pressions contradictoires

Un haut responsable libanais cité par Axios estime que ni le Hezbollah ni Israël ne souhaitent réellement un cessez-le-feu et considère que les États-Unis n’ont pas pris de mesures fermes pour empêcher Benjamin Netanyahou d’intensifier les opérations militaires.

Selon ce même responsable, le Corps des gardiens de la révolution islamique pousse de son côté le Hezbollah à accroître la pression militaire afin de disposer d’un levier supplémentaire dans les négociations en cours entre Washington et Téhéran.

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