Donald Trump a jugé mercredi possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe et le camouflet infligé par les députés américains qui ont voté en faveur de la fin de guerre.
Une déclaration du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent en dépit de la confiance affichée par le président américain.
«On me dit que les négociations se passent très bien (...) Qui sait (...), cela (la fin des discussions) pourrait être ce week-end», a-t-il encore assuré mercredi dans le Bureau ovale, sans exclure qu'elles échouent.
Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique. Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit de veto du président américain.
Les députés américains approuvent un texte ordonnant la fin de la guerre contre l'Iran
La Chambre américaine des représentants a adopté mercredi un texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l'Iran.
La résolution - adoptée avec les voix de quatre députés républicains - possède cependant une portée avant tout symbolique, en raison du droit de veto du président américain.
«Le Congrès ordonne au président de retirer les forces armées des États-Unis des hostilités contre la République islamique d'Iran», dispose le texte.
Les élus démocrates de la commission des affaires étrangères ont salué après le vote «un message fort et sans équivoque à l'adresse de Donald Trump de la part des Américains».
«Il est temps de mettre fin à cette guerre illégale et profondément impopulaire, ont-ils ajouté.
Une résolution similaire avait passé une étape clé de procédure au Sénat fin mai, et une adoption à la chambre haute pourrait avoir lieu dès cette semaine.
En cas d'adoption par les deux chambres du Congrès après la navette parlementaire, Donald Trump opposerait sans doute son veto pour empêcher la promulgation du texte.
Pour contourner ce veto présidentiel, un nouveau vote dans les deux chambres devrait alors être organisé et une majorité des deux tiers serait nécessaire - une quasi impossibilité au vu de la composition actuelle de la Chambre et du Sénat.
D'après la Constitution américaine, seul le Congrès est habilité à déclarer la guerre. Avec ces résolutions, les démocrates souhaitent réaffirmer l'autorité du pouvoir législatif sur cette question face au pouvoir exécutif représenté par Donald Trump.
Si la loi permet au président de déclencher des hostilités pour répondre à une menace imminente, elle exige cependant qu'il obtienne l'autorisation du Congrès sous 60 jours.
Pressé de trouver une porte de sortie, Donald Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois ces derniers jours un accord proche, sans résultat tangible, tandis que sur le terrain de nouveaux affrontements entre l'Iran et les États-Unis dans le Golfe fragilisent le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.
Téhéran a en outre averti du risque de «reprise à grande échelle de la guerre» dans la région en cas d'attaque contre Beyrouth, menace brandie par Israël dans le cadre de son offensive au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
«Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth, mais aucun progrès tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation», a dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen rapportée par l'agence iranienne Tasnim.
Attaques contre le Koweït
Alors que des frappes israéliennes ont fait au moins 10 morts mercredi dans le pays, le Liban et Israël se sont mis d'accord dans la soirée sur «la mise en œuvre d'un cessez-le-feu» et la création de «zones pilotes» sous contrôle de l'armée libanaise, jusqu'ici tenue à l'écart.
Mais cette trêve est conditionnée à un «arrêt complet» des tirs du Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et a encore revendiqué des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban dans la nuit de mercredi à jeudi.
Donald Trump a déclaré vouloir «séparer» les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.
Autre point d'achoppement: le sort de l'uranium enrichi par l'Iran, que les États-Unis et Israël accusent de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran réfute.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a assuré devant une commission parlementaire que la question de l'uranium enrichi était «clairement abordée» avec l'Iran, concédant toutefois que Téhéran n'avait pas donné son feu vert.
Missiles et drones
Donald Trump a déclaré mercredi qu'il «aimerait rencontrer» Mojtaba Khamenei, dont une déclaration écrite est attendue jeudi, 37ᵉ anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.
Cette commémoration, qui donne lieu à une grande cérémonie, coïncide cette année avec l'une des principales fêtes chiites célébrées en masse dans les rues.
Elle intervient alors que les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars, après une détente la semaine dernière.
Le Koweït a accusé mercredi l'Iran d'une attaque meurtrière (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Ils ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à une attaque américaine sur l'île de Qeshm, et à celle d'un pétrolier iranien.
Le Koweït a dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.
«Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation», a raconté à l'AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l'aéroport.
Par les bureaux de l'AFP à Dubaï, Téhéran, Washington, Beyrouth et Jérusalem



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