Les affrontements se sont poursuivis lundi sur le front sud, malgré les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à un cessez-le-feu durable. Après une matinée marquée par une relative baisse d’intensité, les frappes israéliennes ont repris de plus belle dans l’après-midi, tandis que le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre des positions et véhicules israéliens dans le sud du Liban.
Selon le bilan humain actualisé du centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé publique, 3.613 tués et 11.072 blessés ont été recensés depuis le 02 mars.
Dans l’après-midi, des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du Liban-Sud, notamment Zrariyé, Sammaïyé, Bourj el-Chemali, Khirbet Doueir, Kharayeb, Haouch, ainsi que Maachouq, dans la banlieue de Tyr. Une frappe de drone a également été signalée à Arabsalim.
À Kharayeb, une frappe israélienne a fait au moins un mort et plusieurs blessés, selon un bilan préliminaire. À Tyr, un drone israélien a visé un véhicule près du bâtiment de la Croix-Rouge libanaise, faisant un mort et plusieurs blessés, transportés vers les hôpitaux de la région par les équipes de secours.
L’artillerie israélienne a également visé Chakra, Kfar Tebnit, Tebnine, Nabatiyé, Nabatiyé el-Faouqa, les abords de Choukine ainsi que Qatrani, dans le caza de Jezzine.
Dans la matinée, deux roquettes étaient tombées sur la localité de Qlayaa, ne causant que des dégâts matériels. Un autre projectile s’était abattu sur Aïn Ebel, blessant une femme et endommageant deux habitations.
À Aïn Ebel, le président de la municipalité, Ayoub Khreich, a fait état d’une situation particulièrement difficile, précisant qu’une personne avait été blessée et que la localité ne disposait pas d’hôpital, obligeant les habitants à transporter les victimes par leurs propres moyens. Il a également signalé des pénuries de carburant, de mazout et de farine, s’inquiétant de la capacité des habitants à tenir.
Les raids israéliens avaient déjà visé, dès le matin, plusieurs villages du Liban-Sud, notamment Marouaniyé, Nmeiriyé, Yater, Safad el-Battikh, Tebnine, Majdal Selm, Kfar Tebnit et Charqiyé, où une maison a été détruite. Une frappe de drone a également touché le quartier de Charqiyé, à Habbouch.
Plus tôt, à l’aube, sept personnes, dont un enfant, ont été tuées dans une série de frappes israéliennes sur Zefta, dont l’une a visé un centre d’accueil. L’aviation israélienne a également mené une frappe sur Aïn Qana.
L’armée israélienne a aussi mené des tirs de ratissage à l’arme lourde en direction des vallées du Slouqi et du Houjeir. Dans la nuit, son artillerie avait bombardé le mont Safi, tandis que l’aviation de chasse avait effectué trois frappes sur les abords de Sajd, après un premier pilonnage d’artillerie de la localité.
Plus au sud, des avions israéliens ont également frappé la plaine de Mansouri, dans le caza de Tyr, et visé une maison dans le village de Hallousiyé, qui a été entièrement détruite. L’artillerie israélienne a par ailleurs tiré sept obus sur la région de Qatrani, dans le caza de Jezzine.
Israël menace la banlieue sud
Sur le plan politique et militaire, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a durci le ton, affirmant que «toute attaque contre les localités du nord d’Israël entraînera une attaque contre la banlieue sud de Beyrouth».
«Ce qui vaut pour les villes du nord [d’Israël] vaut également pour la banlieue sud de Beyrouth», a-t-il déclaré, ajoutant que l’armée israélienne «continuera à mener des opérations au Liban contre le Hezbollah».
M. Katz a également affirmé rejeter «catégoriquement» les menaces iraniennes, avertissant que toute tentative de Téhéran d’établir un lien entre le Liban et l’Iran pour attaquer Israël serait «accueillie avec une grande force».
Selon Israel Hayom, citant une source sécuritaire israélienne, le cabinet restreint aurait décidé de suspendre les frappes contre l’Iran, tout en poursuivant l’opération militaire dans le sud du Liban. Selon la même source, aucune restriction ne pèserait sur d’éventuelles opérations israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth.
De son côté, la radio de l’armée israélienne a indiqué que l’armée avait reçu des instructions de la direction politique pour poursuivre ses attaques au Liban. Yedioth Ahronoth a également cité un responsable israélien affirmant qu’Israël agirait désormais selon l’équation suivante: tout tir contre le nord d’Israël entraînerait une frappe contre la banlieue sud de Beyrouth.
Le Hezbollah revendique plusieurs attaques
Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué plusieurs opérations contre l’armée israélienne dans le sud du Liban.
Dans une série de communiqués, la formation pro-iranienne affirme avoir visé un rassemblement de véhicules et de soldats israéliens aux abords de Beit Yahoun par une salve de roquettes, ainsi qu’un véhicule de communication israélien près du chateau de Beaufort au moyen d’un drone explosif de type Ababil.
Le mouvement a également revendiqué des tirs de roquettes contre un rassemblement de véhicules et de soldats israéliens à Rchaf, ainsi qu’une attaque contre une position d’artillerie nouvellement installée à Adaïssé.
Le Hezbollah affirme en outre avoir visé plusieurs véhicules logistiques israéliens de transport de munitions aux abords sud-est de Yahmar el-Chqif, également au moyen de drones explosifs Ababil, provoquant selon lui l’incendie de plusieurs véhicules. Il a aussi revendiqué des attaques par drones contre des rassemblements de véhicules israéliens à Naqoura, Tayri et Yahmar el-Chqif.
Un barrage de roquettes a également été tiré dans l’après-midi en direction de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël. L’armée israélienne a indiqué que trois projectiles tirés depuis le Liban avaient été détectés en direction de soldats israéliens opérant dans le sud du Liban. Selon elle, certains ont été interceptés avant d’atteindre le territoire israélien, tandis qu’un autre est tombé à proximité de soldats israéliens, sans faire de blessés.
Aide humanitaire livrée à Hasbaya
Lors d’une visite surprise à Kfarhamam et Kfarchouba, dans le caza de Hasbaya, le nonce apostolique Paolo Borgia a acheminé une cargaison d’aide alimentaire et de produits d’entretien. Il s’est également entretenu avec les habitants afin de s’enquérir de leurs conditions de vie.
À cette occasion, il a été accueilli par le président de l’Union des municipalités d’Arqoub, le maire de Kfarhamam ainsi que le mokhtar de la localité.
Paolo Borgia a également visité l’hôpital gouvernemental de Marjayoun pour s’informer de la situation dans la région et rencontrer des responsables et des personnes concernées.



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