Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a approuvé mercredi à Vienne une résolution exigeant de l'Iran qu'il fournisse «la totalité de ses informations» sur «l'inventaire de ses matières nucléaires», comme sur la «conception de ses installations».
Téhéran doit aussi «accorder» à l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) «tous les accès nécessaires» pour vérifier sur le terrain ses déclarations, selon ce texte soumis par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis, consulté par l'AFP.
Ces pays précisent que les deux mesures sont «essentielles et urgentes», afin «de vérifier l'absence de détournement de matières nucléaires».
Le Conseil, composé de 35 membres, a approuvé la résolution avec 21 voix, selon des diplomates. Trois pays ont voté contre, dix se sont abstenus et un autre n'avait pas de droit de vote, d'après eux.
Le représentant permanent de l'Iran auprès des Nations unies à Vienne, Reza Najafi, a déclaré à l'AFP que l'adoption du texte était «contre‑productive dans le contexte actuel».
«Elle complique davantage encore une situation déjà volatile, un cessez‑le‑feu fragile et les négociations inachevées entre l’Iran et les États‑Unis», a affirmé le diplomate.
«Nous avons mis en garde contre les conséquences d’un tel acte illégitime de la part des États‑Unis et de leurs soutiens», a-t-il ajouté.
Le sort de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi, vus pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l'AIEA, demeure à ce jour incertain.
L'Iran a suspendu sa coopération avec l'Agence depuis les premiers bombardements israéliens et américains contre ses installations, en juin 2025.
En novembre, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA avait déjà adopté une résolution appelant l'Iran à coopérer et, dans son dernier rapport confidentiel, consulté par l'AFP, l'Agence s'est inquiétée de ne pas avoir accès aux sites.
Téhéran était engagé dans des discussions avec Washington concernant son programme nucléaire, lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué à nouveau l'Iran le 28 février.
L'étendue exacte des dégâts n'est pas connue et les Iraniens arguent de questions de sécurité pour refuser l'accès aux sites.
Les pays occidentaux et Israël soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
L'Iran se défend d'avoir de telles ambitions militaires.
En parallèle de ces activités diplomatiques à Vienne, Téhéran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes, le long du détroit d'Ormuz.
AFP



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