L'Iran, à nouveau bombardé par les États-Unis, riposte et promet de refermer Ormuz
Une vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) montre ce que l'armée décrit comme des frappes visant «les capacités de surveillance militaire, les systèmes de communication et les sites de défense aérienne iraniens». ©X / @CENTCOM / AFP

Les États-Unis ont mené jeudi à l'aube de nouveaux bombardements contre l'Iran, qui a annoncé des ripostes contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn et promis de prendre pour cible tous les navires s'aventurant dans le détroit d'Ormuz.

Les frappes, qui selon l'armée américaine ont visé «des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays», ont été déclenchées après que Donald Trump a accusé Téhéran de tergiverser dans les négociations pour arrêter la guerre au Moyen-Orient.

«On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous», s'était emporté le président américain devant la presse mercredi.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui reproché à l'Iran de «jouer au chat et à la souris» dans les négociations. «Si nous devons négocier à coups de bombes, nous négocierons avec des bombes, et nous sommes très doués pour ça», a-t-il menacé.

Les États-Unis et l'Iran s'étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril après plus de cinq semaines de bombardements.

Des explosions ont été entendues tôt jeudi matin sur l'île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas, dans le sud du pays, ont rapporté des médias iraniens.

En représailles aux dernières frappes américaines, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de Téhéran, ont dit avoir lancé des drones sur les bases militaires d'Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber, au Koweït, et sur la base aérienne de Sheikh Isa, à Bahreïn. Les médias iraniens avaient auparavant annoncé une attaque contre le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn.

Les sirènes d'alerte aérienne ont été déclenchées à Bahreïn, selon le ministère de l'Intérieur. Au Koweït, l'armée a annoncé être en train de «combattre des cibles aériennes hostiles», et l'autorité de l'aviation civile a fermé l'espace aérien de l'émirat.

Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé avoir tiré 12 missiles balistiques contre la base d'Al-Azrak, en Jordanie, utilisée par les États-Unis.

Téhéran a également averti que ses forces prendraient pour cible tout navire tentant de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial du pétrole et du gaz naturel liquéfié.

«Un enfer pour vous» 

«Suite aux violations répétées du cessez-le-feu par l'ennemi américain, le détroit d'Ormuz sera fermé jusqu'à nouvel ordre», ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, cités par la télévision d'État. «Aucun navire ne doit quitter son mouillage dans le golfe Persique et la mer d'Oman. Toute approche du détroit d'Ormuz sera considérée comme une collaboration avec l'ennemi», ont-ils averti.

Dans la foulée, la marine iranienne, citée par les médias, a annoncé que «deux navires qui tentaient de franchir illégalement le détroit d'Ormuz ont été frappés», sans plus de précision.

«Vous rendez le détroit sacré d'Ormuz dangereux?! Nous ferons de cette région un enfer pour vous», a menacé le commandant de l'aviation des Gardiens de la Révolution, Sardar Mousavi.

Washington, qui impose pour sa part un blocus aux ports iraniens, a démenti tout blocage du détroit.

«Les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d'Ormuz ce soir», a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Cette aggravation de la situation dans le Golfe continue d'alimenter la hausse des prix du pétrole. Jeudi matin, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 1,7% à 94,68 dollars, et celui de WTI américain 2% à 91,84 dollars.

Les bureaux de l'AFP à Téhéran, Washington et Beyrouth

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