La ministre d’État britannique au Développement international, Jenny Chapman, a achevé, vendredi, une visite de deux jours au Liban, sa première depuis sa prise de fonctions, à l’occasion d’un déplacement conjoint avec ses homologues française et qatarie. Cette visite a été marquée par l’annonce d’une nouvelle enveloppe humanitaire de 13 millions de livres sterling destinée à soutenir les populations affectées par le conflit.
Cette aide supplémentaire portera à 43 millions de livres sterling le montant total du soutien britannique annoncé en faveur du Liban depuis le mois de mars. Les fonds doivent permettre de financer des programmes de protection, d’éducation, de santé, d’aide alimentaire et d’autres services essentiels.
Accompagnée de l’ambassadeur britannique au Liban, Hamish Cowell, Jenny Chapman était aux côtés de la ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Éléonore Caroit, et de la ministre d’État qatarie à la Coopération internationale, Mariam bint Ali bin Nasser Al-Misnad.
Les trois responsables ont rencontré le président de la République, Joseph Aoun, le président de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que la ministre des Affaires sociales, Haneen Sayed. Au cours de ces entretiens, elles ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté du Liban et à ses institutions étatiques.
Jenny Chapman a également salué les récents contacts directs entre Israël et le Liban, estimant que la voie diplomatique demeurait la meilleure option pour parvenir à une paix durable, à la sécurité et à la stabilité dans la région.
Visites de terrain à Beyrouth et Saïda
Accompagnée de ses homologues française et qatarie ainsi que de la ministre Sayed, la responsable britannique s’est rendue dans plusieurs programmes financés par le Royaume-Uni à Beyrouth et à Saïda.
Au Grand Sérail, la délégation a rencontré l’Unité de gestion des risques de catastrophes du gouvernement libanais, qui coordonne avec la Croix-Rouge libanaise la réponse nationale à la crise humanitaire. Jenny Chapman a rendu hommage aux travailleurs de la santé et aux secouristes, soulignant que les attaques visant ceux qui accomplissent ces missions essentielles étaient inacceptables et que toutes les parties devaient respecter le droit international humanitaire.
À Jnah, les ministres ont visité un centre collectif accueillant des familles déplacées par la récente escalade du conflit. Accompagnées du représentant de l’Unicef au Liban, Marcoluigi Corsi, elles ont pris connaissance des efforts déployés pour fournir des services éducatifs et de protection aux enfants et aux familles déplacés.
La visite s’est ensuite poursuivie à Saïda, où Jenny Chapman s’est rendue à l’école secondaire Al Murjan, transformée en centre d’accueil pour des familles déplacées. Elle y a rencontré des représentants de l’organisation ABAAD, partenaire du Fonds britannique intégré pour la sécurité, qui œuvre notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre. L’organisation fournit une aide psychologique d’urgence, renforce les mécanismes de sécurité dans les centres d’hébergement et organise des sessions de sensibilisation destinées aux femmes et aux jeunes filles.
Soutien aux déplacés et à la Croix-Rouge libanaise
À Saïda, la ministre britannique a également visité un autre centre d’accueil en compagnie du coordinateur résident et humanitaire des Nations unies au Liban, Imran Riza, de la représentante de l’OCHA, Kristen Knutson, et de la ministre française Éléonore Caroit.
La délégation a été informée des conséquences humanitaires du conflit et des programmes financés par le Royaume-Uni à travers le Fonds humanitaire pour le Liban, qui fournissent une assistance en matière d’eau, d’assainissement, d’hygiène, de protection et de sécurité alimentaire aux populations vulnérables.
Au centre de la Croix-Rouge libanaise, Jenny Chapman et Éléonore Caroit ont rencontré le secrétaire général de l’organisation, Georges Kettané, afin de discuter du rôle de premier plan joué par les secouristes dans la gestion de la crise, particulièrement dans le sud du Liban. À cette occasion, la ministre britannique a remis huit ambulances financées par Londres à la Croix-Rouge libanaise, en présence de représentants de la Croix-Rouge britannique.
La responsable britannique a également rencontré une famille déplacée bénéficiant de l’aide soutenue par le Royaume-Uni à travers le Programme alimentaire mondial, dans le cadre du filet de sécurité sociale mis en place par le gouvernement libanais pour répondre aux conséquences de la crise.
Appel à la désescalade
Commentant l’évolution de la situation régionale, Jenny Chapman a estimé que l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran constituait «une étape importante» pour réduire les tensions, renforcer la stabilité régionale et permettre la réouverture de routes commerciales essentielles.
«Notre priorité est désormais de soutenir la mise en œuvre de cet accord et de contribuer à créer les conditions d’une paix durable, notamment par la fin des hostilités au Liban», a-t-elle déclaré.
La ministre britannique a également appelé à mettre fin à «l’escalade imprudente et disproportionnée» d’Israël au Liban, tout en condamnant les attaques du Hezbollah contre Israël, estimant qu’elles avaient entraîné les Libanais dans un nouveau conflit qu’ils n’avaient pas choisi.
«Avec nos partenaires français et qatari, nous avons pu constater l’ampleur des souffrances provoquées par le conflit. Nous voulons souligner l’importance de restaurer la stabilité au Moyen-Orient et d’aboutir à un cessez-le-feu solide et durable au Liban», a-t-elle ajouté.
L’ambassadeur britannique au Liban, Hamish Cowell, a pour sa part estimé que cette visite intervenait à un moment critique pour le pays. Il a réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni à poursuivre sa coordination avec les autorités libanaises et les organisations humanitaires, tout en soulignant l’urgence d’une désescalade et la nécessité pour toutes les parties de respecter le cessez-le-feu et le droit international humanitaire.



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