Liban-Sud: les premières zones pilotes se précisent
©Shutterstock

Les États-Unis, le Liban et Israël cherchent à accélérer la mise en œuvre de l'accord-cadre signé à Washington afin d'en traduire rapidement les dispositions sur le terrain. Selon certaines informations, la première étape consisterait en la création de deux zones pilotes, à Zawtar el-Gharbiyé et à Froun.

La première serait une zone dont l'armée israélienne se retirerait, permettant le déploiement de l'armée libanaise pour y exercer son autorité. Sa mission prioritaire serait d'empêcher le retour des combattants du Hezbollah et toute reconstitution de ses infrastructures militaires.

La seconde, qui ne se trouve pas sous occupation israélienne, verrait également l'armée libanaise en prendre le contrôle, avec pour mission d'y saisir les armes et de démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah. Des officiers américains relevant du Commandement central (CENTCOM) seraient chargés de superviser la mise en œuvre de ces mesures, dont le calendrier n'a toutefois pas encore été arrêté.

Selon des sources militaires libanaises, le commandement du secteur Sud-Litani, chargé de l'exécution de ces dispositions, n'a pas encore reçu les modalités pratiques de leur application. Celles-ci nécessiteront probablement davantage de temps ainsi que de nouvelles discussions tripartites, d'autant que les détails de l'annexe sécuritaire liée à l'accord-cadre n'ont toujours pas été rendus publics.

Selon ces mêmes sources, relayant une information diffusée par la chaîne israélienne Channel 13, une réunion devrait se tenir entre le commandant du front nord de l'armée israélienne et le commandant du secteur Sud-Litani afin de discuter des mécanismes d'application de l'accord. Toutefois, aucune confirmation n’a été donnée à ce stade ni aucune notification officielle reçue des autorités politiques libanaises à ce sujet.

Par ailleurs, l'accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 comporte des mécanismes d'application plus détaillés et plus explicites que ceux évoqués aujourd'hui, notamment le dispositif connu sous le nom de «mécanisme».

Concernant le volet militaire de la situation au Liban-sud, l'accord-cadre conclu à Washington a également soulevé des interrogations quant au sort de la cellule de suivi évoquée lors des négociations américano-iraniennes en Suisse. Cette dernière devait être chargée de superviser les mécanismes d'engagement au Liban. Elle avait été également évoquée par le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio lors de leurs entretiens avec le président Joseph Aoun.

Selon ces informations, Rubio propose d'abandonner ce projet, l'accord-cadre conclu à Washington le rendant caduc. Il devrait en discuter avec le vice-président américain afin que cette question soit abordée dans le cadre des négociations avec l'Iran.

L'Iran tient, de son côté, à la mise en place de cette cellule, qu'il considère comme un moyen de s'immiscer dans les affaires libanaises, en particulier sur le terrain, et de soutenir les positions du Hezbollah. Elle serait composée de trois officiers, américain, libanais, et iranien, et d'un responsable des services de renseignement qataris, avec Doha comme siège.

 

Commentaires
  • Aucun commentaire