Opérations israéliennes au Liban-Sud, Nabih Berry rejette l'accord-cadre
Des chiens errants passent devant les décombres de maisons et de commerces rasés par l'armée israélienne dans le village de Tibnine, au sud du Liban, le 24 juin 2026. ©FADEL ITANI / AFP

Israël a mené dans la nuit de dimanche à lundi de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre, dont le chef du Parlement, Nabih Berry, affirme qu'il ne sera pas adopté.

«Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en œuvre dans sa forme actuelle», a dit Nabih Berry, allié du Hezbollah, dans un communiqué diffusé par son parti, le mouvement Amal, dénonçant un «accord de diktats, pas un accord qui préserve les droits du Liban».

Berry a indiqué qu’il n’approuverait pas l’accord de Washington entre le Liban et Israël tel qu’il a été présenté, estimant qu’il est conçu pour semer la discorde entre les citoyens libanais.

Il a ajouté que la majorité des Libanais, ainsi que de nombreux non-Libanais, s’opposent à cet accord, affirmant qu’il ne comporte aucun mécanisme ni critère garantissant son succès.

Opérations sur le terrain

Au cours de la nuit, l'armée israélienne a mené une vaste opération de ratissage à l'aide d'armes automatiques lourdes dans la localité de Khiam, où de nombreux tirs ont été entendus dans toute la région. Les forces israéliennes ont également fait exploser des immeubles résidentiels dans les villages de Taybé et Haddatha, tout en lançant des grenades assourdissantes à proximité de civils à Borj Qalaouiyé et Braachit.

Selon l'Agence nationale d'information (ANI), ces opérations interviennent après une série de raids israéliens menés la veille, qui avaient fait un mort dans le sud du Liban. Le ministère libanais de la Santé a, de son côté, annoncé dimanche que deux personnes avaient été blessées après le lancement d'une grenade par «l'ennemi israélien» sur une localité du sud.

De son côté, l'armée israélienne a affirmé cibler des combattants du Hezbollah près de ce qu'elle appelle sa «zone de sécurité».

Elle a aussi annoncé la mort d'un soldat lors de combats, portant à 38 ses pertes dans le pays voisin, où elle affronte le mouvement islamiste. L'auteur, un «terroriste du Hezbollah», a ensuite été localisé et «éliminé par les soldats», a précisé l'armée.

Tunnel détruit 

L'armée israélienne a détruit un tunnel du Hezbollah long de 200 mètres dans le sud du Liban, ont annoncé dimanche soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz.

Selon leur communiqué, le tunnel, situé à proximité du village de Majdel Zoun, s'enfonçait à plus de 25 mètres sous terre. Il contenait des centaines d'armes ainsi que plusieurs puits de lancement destinés à tirer des roquettes en direction d'Israël.

L'armée israélienne a précisé que l'opération de destruction a été menée par la 551ᵉ brigade, en coordination avec les unités du génie de combat Yahalom.

L’armée a également diffusé des images montrant la démolition contrôlée du tunnel, réalisée le 28 juin 2026: 

Le Hezbollah se «réserve le droit de de défendre la patrie»

Dans un communiqué, publié lundi matin, le Hezbollah a affirmé que l'armée israélienne avait poursuivi, dimanche, ses violations du cessez-le-feu, en énumérant une série d’incidents.

Le Hezbollah a réaffirmé que «ce qu'a fait l'ennemi constitue une violation flagrante du cessez-le-feu que la Résistance islamique a respecté jusqu'à présent», ajoutant qu'il «surveille et recense ces violations» et qu'il «se réserve le droit de défendre sa patrie et son peuple».

Le Hezbollah s'était déjà fermement opposé à l'accord, son député Hassan Fadlallah affirmant dès dimanche qu'il «ne serait pas appliqué».

Ce qu'ont fait les autorités «équivaut à une sédition» visant à passer «d'un conflit avec l'ennemi à un conflit interne», avait-t-il ajouté.

Dénonçant une «grave erreur», le chef du groupe Naïm Kassem avait fustigé samedi un texte «humiliant, honteux, qui représente un abandon de souveraineté», accusant les autorités libanaises de «légitimer la poursuite de l'occupation» israélienne.

Des partisans du Hezbollah ont manifesté vendredi soir et un correspondant de l'AFP a vu, sur la route de l'aéroport de Beyrouth longeant la banlieue sud, bastion du Hezbollah, des pancartes portant l'inscription "Le Liban d'abord" incendiées.

L'Iran a, lui, réitéré ses exigences d'un retrait total d'Israël.

«Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l'occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais», a souligné le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un appel avec son homologue libanais Nabih Berry.

 

Avec AFP

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