L'Égypte vise toujours plus de visiteurs, dit son ministre du tourisme
Des drones illuminés représentant le masque funéraire du roi Toutânkhamon éclairent le ciel lors de la cérémonie d’ouverture du Grand Musée égyptien (GEM) à Gizeh, dans la périphérie sud-ouest du Caire, le 1er novembre 2025. ©Khaled Desouki / AFP

L'Égypte table sur une nouvelle hausse des visiteurs internationaux cette année, malgré la guerre au Moyen-Orient, affirme Sherif Fathy, ministre égyptien du tourisme et des antiquités, qui met en avant les investissements importants dans le secteur.

«Nous avons enregistré à fin mai une croissance de 4% (du nombre de visiteurs, NDLR) et nous pensons terminer l'année avec une progression de 5 à 7%» sur un an, a indiqué le ministre lors d'un entretien à l'AFP lundi à Paris.

Le nombre de visiteurs français, qui avait bondi de 31% l'an dernier, a même grimpé de 22% depuis janvier, ajoute-t-il. Un contraste net avec le déclenchement de la guerre fin février, qui avait provoqué un arrêt des réservations, en particulier à destination des pays du sud méditerranéen, selon des spécialistes du secteur.

En 2025, l'Égypte a accueilli 19 millions de visiteurs internationaux, un record pour ce pays où le tourisme représente environ 12% du produit intérieur brut (PIB), selon le ministère du tourisme.

«La progression est plus lente» en 2026 en raison «de l'impact lié à la perception» de certains touristes de la guerre au Moyen-Orient, reconnaît Sherif Fathy.

«Mais le principal frein a été le prix du carburant, qui a affecté les capacités des compagnies aériennes à voler. Elles ont privilégié des destinations plus proches pour économiser le carburant, mais elles reprennent progressivement», assure Sherif Fathy, qui a aussi été ministre de l'aviation civile et dirigé la compagnie égyptienne EgyptAir.

Le gouvernement égyptien a mis en place des mesures incitatives pour ces compagnies, avec notamment des baisses des charges aéroportuaires.

Objectif 30 millions

À l'horizon 2030, l'Égypte veut atteindre 30 millions de visiteurs, ce qui passera notamment par une amélioration de la connectivité, souligne Sherif Fathy.

«L'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud, l'Asie: sur ces marchés, nous n'avons pas suffisamment de connectivité», admet-il, indiquant que le pays investit dans ses aéroports, avec notamment l'élargissement de l'aéroport de Sphinx, près de Guizeh. «Nous travaillons à faire venir davantage de compagnies aériennes vers ces destinations. Si nous les ouvrons davantage, le nombre de visiteurs augmentera encore bien plus», assure-t-il.

Cela passera aussi par des investissements dans les hébergements. Sherif Fathy évoque notamment des milliards de dollars de projets immobiliers et hôteliers, principalement issus du secteur privé, sur la seule côte nord.

La région des pyramides, à proximité du Caire, est en outre en phase de modernisation, rappelle-t-il, tout en affirmant vouloir éviter le surtourisme. «Nous visons un minimum de 20 à 25.000 chambres d'hôtels dans cette zone d'ici 2030».

À la clé, des zones dédiées aux hôtels, aux loisirs, ainsi qu'à des espaces culturels. Une transformation qui a été critiquée en Égypte, notamment pour l'impact sur les acteurs locaux.

La question de la préservation du patrimoine en Égypte, qui abrite la pyramide de Khéops, la seule des sept merveilles de l'Antiquité encore visible aujourd'hui, fait souvent l'objet de vifs débats.

En 2024, de nombreux égyptologues et Égyptiens s'étaient ainsi insurgés contre un projet de rénovation de la pyramide de Mykérinos, sur le plateau de Guizeh, dénonçant une attaque contre le patrimoine.

AFP

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