Berry appelle au compromis et met en garde contre la discorde
Nabih Berry réaffirme son opposition à l'accord-cadre. ©Al Markaziya

Le président de la Chambre, Nabih Berry, a réaffirmé son rejet de toute escalade interne autour de l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël, estimant que les divergences politiques ne doivent pas conduire à une confrontation dans la rue. Il assure toutefois qu'une issue demeure possible si toutes les parties sont disposées à rechercher un compromis.

Dans une interview accordée au quotidien Ad-Diyar, jeudi, Berry a insisté sur la nécessité de préserver la stabilité du pays, répétant son mot d'ordre: «Non à la discorde, non à la rue». Il a rejeté les appels à manifester, à renverser le gouvernement ou à le boycotter, estimant que les différends doivent être réglés dans le cadre des institutions. «S'il existe une volonté de parvenir à un compromis, je suis prêt à y contribuer. Personne ne souhaite conduire le pays dans une impasse», a-t-il déclaré.

Le président du Parlement a également renouvelé ses critiques à l'égard des négociations directes avec Israël, qu'il dit avoir toujours refusées. Évoquant les contours d'un éventuel compromis, Nabih Berry a réaffirmé son opposition de longue date aux négociations directes avec Israël, estimant qu'il avait dès le départ anticipé leurs conséquences.

Selon lui, elles ont conduit à un accord qu'il qualifie d'«accord de la discorde», qu'il juge «mauvais» et «préjudiciable» aux intérêts du Liban. Il a rappelé que l'accord qu'il avait parrainé le 27 novembre 2024 constituait, à ses yeux, un modèle différent, puisqu'il avait permis le retrait complet du Hezbollah au sud du Litani sans recourir à des négociations directes.

Berry a également révélé qu'avant la conclusion de l'accord-cadre, des échanges avaient eu lieu avec le président de la République. Il avait alors proposé que le retrait israélien soit organisé par cazas plutôt que par «zones pilotes», estimant que cette approche aurait offert un mécanisme de mise en œuvre plus clair et plus crédible. Selon lui, la présidence avait donné son accord à cette proposition, avant que la version finale de l'accord ne retienne finalement le principe des «zones pilotes».

Concernant l'élargissement des exigences internationales au-delà du sud du Litani, Nabih Berry a affirmé qu'il existait une disposition à un retrait du Hezbollah de cette zone, à condition qu'il s'accompagne d'un retrait total des forces israéliennes. S'agissant des armes au nord du Litani, il a estimé qu'elles devaient être intégrées dans le cadre de l'État libanais, non seulement dans cette région, mais sur l'ensemble du territoire, afin que l'État demeure l'unique autorité de référence.

Le président de la Chambre a également accusé Israël de chercher, par ses pressions et ses exigences, à provoquer un affrontement entre l'armée libanaise et le Hezbollah. Selon lui, tel est le véritable objectif poursuivi par l'État hébreu. Il a toutefois assuré qu'un tel scénario ne se produirait pas, estimant que les Libanais sont conscients des risques d'une discorde interne et que ni l'armée ni la résistance ne se laisseront entraîner au service des objectifs israéliens.

.Enfin, Berry a estimé que le Liban avait besoin d'une garantie internationale pour parvenir à une sortie de crise. Selon lui, cette médiation devrait associer les États-Unis, l'Arabie saoudite et l'Iran. Il a également salué les initiatives diplomatiques arabes, notamment celles de l'Égypte et du Qatar, réaffirmant que la priorité absolue demeure la préservation de l'unité nationale, de la paix civile et des institutions.

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