L’accord signé à Washington le 26 juin a des allures de rédemption. Armée libanaise maîtresse de son territoire, retrait israélien programmé. Une sixième session de discussions directes entre Libanais et Israéliens devrait se tenir les 15 et 16 juillet à Rome.
Dans la foulée, le président libanais devrait se rendre le 21 juillet à Washington pour rencontrer Donald Trump. Une rencontre historique et décisive.
Sur le papier, c’est la sortie de crise que Beyrouth attend depuis vingt ans. Dans les faits, c’est un pari sur la bonne foi d’un mouvement qui n’en a jamais eu. Le Hezbollah.
Naïm Kassem a déjà tranché. L’accord est nul et non avenu, dit-il. Le Hezbollah a décidé, sur ordre de Téhéran, de déclencher une guerre qu’il a perdue, ce qui ne l’empêche pas de continuer de se comporter comme si cette anomalie démocratique allait durer éternellement.
Les choses sont simples. C’est Téhéran et pas Beyrouth qui décide ce qui se passe au Liban. En tout cas, c’est le discours que la milice pro-iranienne tient désormais ouvertement.
Trois chemins s’ouvrent maintenant, et un seul ne finit pas en impasse.
Le premier, c’est la souveraineté qui prend enfin corps. L’armée libanaise étend son emprise au-delà des zones pilotes, Israël se retire peu à peu, la milice supplétive des Pasdarans, coupée de son corridor syrien et de ses chefs historiques, se retrouve acculée à choisir entre la politique et le suicide. C’est le scénario que les Libanais méritent. Ce n’est pas pour autant celui qui s’impose naturellement.
Le deuxième, c’est l’enlisement. Une spécialité libanaise. La milice temporise, planque ses stocks dans la Békaa, joue la fibre confessionnelle pour paralyser l’armée de l’intérieur, et Israël maintient une pression chirurgicale sans jamais clore le dossier. Le Liban devient alors ce qu’il a déjà été trop longtemps: un État à souveraineté conditionnelle, suspendu entre deux feux. Un pays au destin enchaîné.
Le troisième scénario, c’est la rupture. Téhéran, exsangue, contrairement aux élucubrations de ses dirigeants et incapable de reprendre la guerre avec les États-Unis autrement que par des effets de manche, pousse son bras armé libanais à la confrontation plutôt qu’à la reddition. Résultat: une fracture confessionnelle ouverte, un pays qui rejoue son pire scénario parce qu’une milice illégale refuse d’admettre qu’elle a perdu.
Le rapport de force, lui, a changé de camp. Ça, c’est un fait, pas un espoir. Mais un rapport de force qui bascule ne suffit jamais à lui seul à produire la paix. Il faut une classe politique qui ose l’utiliser, et un Occident qui ne se contente pas de signer des accords à Washington avant de regarder ailleurs.
Le Liban n’a pas besoin de nouvelles promesses. Il a besoin que celle de juin ne finisse pas, comme tant d’autres avant elle, dans un tiroir de l’Histoire.




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