Joseph Aoun: Washington seul peut faire pression sur Israël
©Al Markazia

Le président de la République, Joseph Aoun, a estimé que les États-Unis étaient «le seul acteur» capable d'exercer une pression effective sur Israël afin d'obtenir la fin des opérations militaires et le retrait des forces israéliennes des territoires occupés au Liban. Dans un entretien accordé au quotidien Asharq al-Awsat, il a dit espérer que sa rencontre avec le président américain Donald Trump, prévue le 21 juillet à la Maison-Blanche, permettra de renforcer le soutien de Washington à Beyrouth.

«Nous savons parfaitement que les États-Unis sont la seule partie capable de faire pression sur le gouvernement israélien pour l'empêcher de cibler la banlieue sud de Beyrouth, les infrastructures ou d'étendre les zones occupées dans le sud du Liban», a déclaré le chef de l'État. Il a ajouté que le Liban souhaitait demeurer une priorité de l'administration américaine.

Joseph Aoun a réaffirmé que le Liban ne renoncerait «à aucun pouce de son territoire», soulignant que la souveraineté nationale n'était «pas négociable». Il a précisé que les principaux objectifs de son entretien avec Donald Trump seraient d'obtenir un soutien américain en faveur de la restitution des territoires occupés, du renforcement des capacités de l'armée libanaise, de la reconstruction des régions dévastées par la guerre et de la relance de l'économie.

Évoquant les négociations en cours avec Israël, le président a expliqué que le recours aux discussions directes avait été dicté par les circonstances militaires. Selon lui, l'État ne disposait d'«aucune autre option» pour écourter l'occupation et permettre le retour des déplacés. Il a toutefois insisté sur le fait que «la décision du Liban doit être prise par ses institutions légitimes» et que personne ne saurait négocier au nom de l'État.

Interrogé sur un éventuel entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, Joseph Aoun a catégoriquement démenti cette hypothèse, jugeant qu'une telle rencontre était «d'emblée exclue».

Sur le plan intérieur, le président a écarté toute perspective de renversement du gouvernement par la rue, rappelant que les changements de gouvernement relevaient exclusivement des mécanismes constitutionnels. Il a salué le travail de l'exécutif, estimant que «le gouvernement accomplit un excellent travail et que les ministres sont productifs».

Joseph Aoun a par ailleurs nié toute rupture avec le Hezbollah, affirmant que la présidence de la République demeurait ouverte à toutes les composantes politiques. Il a réitéré que la poursuite de la guerre ne constituait pas une option pour le Liban, appelant à privilégier le dialogue afin de parvenir à la fin des opérations israéliennes.

Le chef de l'État a également assuré que l'armée libanaise restait unie et appliquait les décisions des autorités dans la limite des moyens disponibles, rejetant les rumeurs faisant état de tensions avec le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal.

Enfin, Joseph Aoun a salué le soutien des pays arabes au Liban, remerciant notamment l'Arabie saoudite et le prince héritier Mohammed ben Salmane pour la reprise des importations de produits libanais, ainsi que le Qatar pour son appui au Liban et les Émirats arabes unis pour avoir autorisé leurs ressortissants à se rendre de nouveau dans le pays.

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