Washington au menu de Zaidi: l'économie en priorité, la sécurité en toile de fond
Washington marque la première étape diplomatique d'Ali al-Zaidi. Entre réformes, lutte contre la corruption et investissements, Bagdad veut ouvrir un nouveau chapitre dans ses relations avec les États-Unis. ©- / IRAQI PRIME MINISTER'S PRESS OFFICE / AFP

Pour son premier déplacement officiel à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi se rend à Washington avec une ambition affichée: redéfinir les relations entre Bagdad et les États-Unis autour de l'économie et de l'investissement. Cette visite intervient alors que son gouvernement cherche à convaincre de sa détermination à lutter contre la corruption et à réaffirmer l'autorité de l'État.

Un nouveau départ avec Washington

À peine deux mois après la formation de son gouvernement, Ali al-Zaidi effectue sa première visite internationale en se rendant aux États-Unis, où il doit être reçu par le président Donald Trump. Plus qu'une simple rencontre diplomatique, ce déplacement est présenté à Bagdad comme le point de départ d'un nouveau chapitre dans les relations irako-américaines, fondé davantage sur les partenariats économiques que sur les impératifs sécuritaires qui ont longtemps dominé l'agenda bilatéral.

Dans une tribune publiée avant son départ dans le Washington Post, le Premier ministre affirme vouloir faire évoluer les relations entre les deux pays «de la gestion des crises vers la création d'opportunités». Il dit vouloir ouvrir une nouvelle phase de coopération tournée vers la croissance, les investissements et le développement.

L'investissement comme priorité

Le gouvernement irakien entend convaincre les investisseurs américains que le pays est prêt à accueillir de nouveaux projets. Bagdad met en avant ses importantes réserves pétrolières, son potentiel industriel, son marché intérieur et sa volonté de moderniser ses infrastructures.

Plusieurs accords devraient être discutés au cours de cette visite, notamment dans les secteurs du pétrole, du gaz, des infrastructures, des nouvelles technologies et de l'économie numérique. Les autorités souhaitent également renforcer les échanges dans les domaines de l'éducation, de la formation et du transfert de technologies, tout en maintenant l'accord-cadre stratégique qui régit les relations entre les deux pays.

Une offensive contre la corruption

Cette ouverture économique s'accompagne d'une démonstration de fermeté sur le plan intérieur. Depuis plusieurs semaines, les services de sécurité mènent une vaste campagne contre la corruption.

Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs personnalités politiques ont été visées par de nouvelles opérations. Parmi elles figure un ancien président de la commission parlementaire de l'Intégrité, arrêté dans le cadre d'enquêtes pour corruption. Selon plusieurs médias irakiens, un ancien ministre du Travail aurait, quant à lui, échappé aux forces de sécurité, tandis que plusieurs millions de dollars en liquide ainsi que treize lingots d'or auraient été saisis. Les autorités n'ont toutefois pas confirmé officiellement ces informations.

Cette campagne s'inscrit dans une série d'arrestations engagée ces dernières semaines, qui a déjà conduit à l'interpellation de plusieurs responsables politiques et administratifs soupçonnés de détournement de fonds publics.

Parallèlement, Bagdad poursuit les démarches visant à obtenir, par l'intermédiaire d'Interpol, l'extradition de Nour Zouheir, principal suspect dans l'affaire du détournement de près de 2,5 milliards de dollars de recettes fiscales, connue sous le nom de «vol du siècle».

Restaurer l'autorité de l'État

Au-delà de la lutte contre la corruption, Ali al-Zaidi veut convaincre ses partenaires que son gouvernement est engagé dans un vaste chantier de restauration de l'État.

Le Premier ministre affirme poursuivre le démantèlement des groupes armés opérant en dehors du contrôle des institutions officielles et insiste sur la nécessité de réserver le monopole des armes à l'État. Selon lui, cette politique est indispensable pour renforcer la stabilité du pays et rassurer les investisseurs étrangers.

La fin de la mission de la coalition internationale, prévue le 30 septembre prochain, est également présentée comme une étape importante dans la normalisation des relations entre Bagdad et Washington.

Convaincre les investisseurs

Pour Bagdad, cette visite représente un test diplomatique majeur. En mettant en avant les réformes économiques, la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions, Ali al-Zaidi cherche à convaincre les États-Unis que l'Irak est désormais un partenaire capable d'offrir un environnement plus sûr aux investisseurs.

Reste à savoir si ces engagements se traduiront par des projets concrets. Au-delà des déclarations politiques, Washington attend des avancées tangibles sur la sécurité, la gouvernance et l'application des réformes, tandis que Bagdad espère transformer ce rapprochement en investissements susceptibles d'accélérer sa relance économique.

 

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